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LES ACTUALITES DU LOUP
 
 
Mercredi 3 Avril 2019

   Var - Canjuers
Exaspérés, les éleveurs de Canjuers ont un plan
face aux attaques du loup (1/3)

 
 
Les éleveurs de Canjuers ont décidé de se mobiliser pour trouver "de nouvelles solutions" face aux attaques du loup.
Les éleveurs de Canjuers ont décidé de se mobiliser pour trouver "de nouvelles solutions" face aux attaques du loup. G.A.

Filets, clôtures électriques, chiens de protection… Les éleveurs du camp militaire de Canjuers ont beau "avoir tout essayé", disent-ils, pour se prémunir des attaques du loup, rien n’y fait. "Il s’adapte à tout". Alors, ils se sont réunis en association pour tenter de trouver des solutions expérimentales basées sur la "co-adaptation"... Reportage au cœur de la "fabrique à loups du Var".

Il a la tête du mec qui vient de tomber du lit. Le regard fatigué, la barbe de dix jours, les cheveux marrons embroussaillés... Comme si la nuit avait été trop courte. Ça fait "des mois, voire des années" en effet, que Guillaume Fabre "ne dor(t) plus". Voilà ce que ça fait de "s’inquiéter tout le temps" en espérant que le loup ne frappe pas. Il assure avoir "déjà perdu en une nuit 45 bêtes, mortes ou disparues". Ce matin-là, il semble soulagé. A priori, le prédateur ne s’est pas montré. Pas cette fois-ci en tout cas...
Tous les jours, c’est le même rituel pour cet éleveur de père en fils, installé à Canjuers avec sa compagne. Il faut inspecter le troupeau, voire s’il ne manque pas une brebis ou un agneau à l’appel. Le jeune couple compte près de 600 "mourerous", une race locale qui était en voie disparition dans les années 80. On est accueilli par un aboiement amical de Yoko, un imposant Montagne de Pyrénées qui veille sur les bêtes d’un œil distrait.
Le plateau de Canjuers, qui culmine à 800 mètres d’altitude, est composé de garrigue et de forêt. On a là principalement du buis, du genêt cendré, des églantiers, des prunelliers… Et, au loin, les hangars de l’armée.

 
Le pastoralisme à Canjuers représente "un tiers de l’élevage varois"
Le pastoralisme à Canjuers représente "un tiers de l’élevage varois" G.A.

Guillaume vit ici à l’année. Contrairement à certains éleveurs, lui ne transhume pas. "Ça augmente les risques d’attaques", dit-il, en sortant de son 4x4, Maya et Lola, ses deux Border Collie qui conduisent le troupeau.

7 meutes qui gravitent à Canjuers
La première meute serait apparue ici il y a une dizaine d’années seulement, avant d’essaimer dans le reste du haut-Var… Voilà pourquoi Pascal Thavaud considère que le plateau militaire est devenu "la fabrique à loups" du département.
"Aujourd’hui, détaille cet ingénieur pastoraliste, responsable technique départemental au Centre d’études et de Réalisations Pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam), on recense sept meutes sur le secteur. On en a quatre en permanence, plus trois qui gravitent à cheval sur la zone. Une au nord, une autre à l’est, la dernière à l’ouest". Au total, cela ferait donc "entre 30 et 50 loups" qui séviraient sur cette Zone de présence permanente (ZPP).
Guillaume Fabre compte près de 600 "mourerous", une race locale qui était en voie disparition dans les années 80.
Guillaume Fabre compte près de 600 "mourerous", une race locale qui était en voie disparition dans les années 80. G.A.

L’augmentation de la population de "canis lupus" sur le camp est en tout cas fidèle à la progression nationale, qui est évaluée à 20% de plus par an. "Il est même probable que que l’on arrive au-delà des ces chiffres lors du prochain comptage qui sera rendu publique à la fin du printemps, avec plus de 50 à 70 meutes (N.D.L.R.: une meute étant constituée d’au moins trois loups) en France", estime Eric Hansen, délégué inter-régional Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse de l’ONCFS.
On parle donc aujourd’hui d’environ un demi-millier de loups sur le territoire national… Sachant qu’une grande majorité est concentrée en région Paca (les Alpes-Maritimes en tête, devant les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et le Var). 500 loups, c’est le seuil à ne pas dépasser en France, puisqu’on considère que ce nombre permet de viabiliser l’espèce, qui est protégée au niveau européen.

Plus d’attaques, mais moins de victimes
Depuis quelques années, certains éleveurs varois assurent perdent jusqu’à 10% de leur troupeau par an. D’après les relevés de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), quelque 600 brebis ont été tuées à Canjuers en 2018 (sur 14.000 au niveau national), contre 900 en 2018. De quoi être optimiste? "Pas forcément, non", répond Pascal Thavaud. Car, paradoxalement, si l’on constate moins de victimes, les attaques ont été plus nombreuses...
Guillaume avec Maya et Lola, ses deux Border Collie qui conduisent le troupeau.
Guillaume avec Maya et Lola, ses deux Border Collie qui conduisent le troupeau. G.A.

Quels enseignements peut-on en tirer ? "C’est encore trop tôt... Il faudra vérifier si la tendance se confirme sur plusieurs années, avance prudemment l’ingénieur du Cerpam. Peut-être que les chiens de protection ont été plus efficaces ?", suggère-t-il. Pour les éleveurs, "les conditions météo" pourraient aussi expliquer cela. Une histoire de déficit pluviométrique.
"Quand il y a plus d’herbe, les bêtes sont plus tranquilles"
, analyse pour sa part Nicolas Perrichon, un autre éleveur du coin. Ce qui est certain, c’est que le camp de Canjuers représente à lui seul près de 60% du nombre de victimes constatées dans le Var.

Échec des moyens de protection
Aujourd’hui, tous les éleveurs déplorent "l’échec des moyens de protection". Polaire bleu flashy sur le dos, lunettes de soleil posées sur la visière de sa casquette, Alain Benoît a repris l’exploitation paternelle en 1991 et s’occupe avec sa femme d’un troupeau ovin allaitant de plus de 1.200 brebis.
Sous l’œil de Pascal Thavaud, Alain Benoît raconte "l'échec des moyens de protection" et notamment des clôtures électriques.
Sous l’œil de Pascal Thavaud, Alain Benoît raconte "l'échec des moyens de protection" et notamment des clôtures électriques.
Sous l’œil de Pascal Thavaud, Alain Benoît raconte "l'échec des moyens de protection"
et notamment des clôtures électriques. G.A.

On le sent un peu bougon au premier abord, mais on comprend vite qu’on a affaire à un homme las, "dépité et impuissant". Lui aussi n’en peut plus de constater "les carnages" au petit matin lorsqu’il retrouve ses troupeaux. "On veille 7j/7, sans résultat, souffle-t-il. On n’a plus de vie."
    "On a fait ces clôtures avec cinq fils électrifiés, mais ils ont fini par comprendre la technique du jus, en passant entre deux impulsions"
Cet éleveur de 47 ans assure avoir "tout essayé" pour se prémunir des attaques du prédateur. "On a commencé avec une clôture en grillage, raconte-t-il. Ça a marché quelques années, mais ils ont vite compris qu’ils pouvaient passer en-dessous ou sauter par-dessus. Puis on a fait ces clôtures avec cinq fils électrifiés, mais ils ont fini par comprendre la technique du jus, en passant entre deux impulsions. En fait, le loup s’adapte à tout. Il est opportuniste, intelligent, et il n’a peur de rien."


Quand le loup prend la pose
Le prédateur s’attaquerait même à ses cousins canidés. "On a déjà eu des chiens de morts", certifie Alain, en houspillant justement un patou qui tente de s’immiscer dans la conversation : "File au mouton !"
Grâce à un piège photo, Alain Benoît a pu voir le loup le narguer à plusieurs reprises...
Grâce à un piège photo, Alain Benoît a pu voir le loup le narguer à plusieurs reprises... G.A.

L’éleveur a aussi installé un piège photo avec un avertisseur lumineux. A plusieurs reprises, il a ainsi pu immortaliser la bête. "Au début, ils avaient peur…Mais ça n’a pas duré longtemps". Alain dégaine son smartphone pour appuyer ses propos. On y voit effectivement un loup se vautrer devant l’objectif et prendre la pose pendant plusieurs minutes. Comme si la bête tenait à narguer l’éleveur...
Parfois, le loup a sévi à "50 mètres à peine" de sa bergerie. Alain Benoit a profité d’une subvention pour aménager une cabane pastorale à la maison, "mais c’est difficile de trouver un berger compétent, déplore-t-il.
La seule chose qui fait un peu, ce sont les patous."

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