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Suite et fin de l'article du Mercredi 3 Avril 2019
 
Les patous, ça fait pas tout !"
Bergers d’Anatolie, des Abruzzes ou du Caucase, Estrellas, Mâtins espagnols ou Montagnes des Pyrénées… A ce niveau aussi, Guillaume Fabre a tout tenté. En vain. Il en a une quinzaine. "Ca dépend..." En fait, il ne sait même plus combien exactement! "Le problème, c’est qu’ils se battent entre eux et essaient de se tuer… C’est pas tous les jours facile. Les patous, s’amuse-t-il, ça fait pas tout".
En Italie, où l’on recense près 2.000 loups selon les estimations, les chiens de protection ont pour réputation d’être beaucoup plus efficaces. Mais le contexte est différent. "Déjà, ce sont généralement des petits élevages laitiers donc ils peuvent rentrer leur bêtes tous les soirs, éclaire Pascal Thavaud. Et puis les chiens sont plus performants, puisqu’ils ont toujours vécu avec le loup. Contrairement en France, où il est réapparu il y a quelques années seulement." Enfin, le niveau de braconnage est très élevé en Italie, "ce qui permet aussi de réguler la population de loups".
 

Un projet d’expérimentation unique
Pour tenter d’enrayer le nombre d‘attaques, voilà donc plus d’un an que le responsable technique départemental du Cerpam a mobilisé la trentaine d’éleveurs installés sur le camp pour créer "un vrai mouvement de coopération". Pascal Thavaud est persuadé qu’il "vaut mieux se faire entendre d’une seule voix pour avancer de manière plus efficace, notamment face à l’administration." Sacré défi...

Les jeunes éleveurs ont vraiment pris le dessus en s’impliquant à fond dans cette démarche"
Il a d’abord fallu "créer un climat de confiance". Et autant dire que "ce n’était pas une mince affaire, reconnaît le spécialiste. Parce que "chacun avait l’habitude de tirer la couverture sur lui. Le pastoralisme sur le site de Canjuers est une histoire compliquée, analyse-t-il. Où l’on a une dynamique de clans et quelques grosses familles qui se partagent les 17.000 hectares de terrain concédés par l'Etat, les éleveurs ayant dû abandonner en dix ans près de 40% de la surface dédiée à la base au pâturage..."
Ce mouvement a finalement donné naissance à l’Association des éleveurs de Canjuers (AEC). "Cette association, présente Pascal Thavaud, est le fruit de leur réflexion". Et ce qu’il trouve encourageant, c’est que que "les jeunes éleveurs ont vraiment pris le dessus en s’impliquant à fond dans cette démarche".
 
Nicolas Perrichon, président de l'Association des éleveurs de Canjuers veut croire à "un nouveau souffle".
Nicolas Perrichon, président de l'Association des éleveurs de Canjuers veut croire à "un nouveau souffle". G.A.

La solution passe par la "co-adaptation"
Sweat à capuche sur le dos, yeux verts et regard perçant, Nicolas Perrichon, 36 ans, a pris la tête de l’AEC. Installé à son compte depuis 2001, il possède un millier de brebis et une trentaine de chèvres. Il espère que cette nouvelle structure permettra de "d’innover, de créer un nouveau souffle en apportant des solutions nouvelles, car on est arrivé au bout d’un système qui ne fonctionne plus."

"Le loup, il te pourrit la vie, te mange le cerveau"
Lui aussi se dit "fatigué psychologiquement. Le loup, enchaîne-t-il, il te pourrit la vie, te mange le cerveau. C’est vraiment dur." Et de préciser aussitôt, au nom de ses collègues éleveurs: "On n’est pas des anti-loups. On veut juste qu’ils arrêtent de manger nos brebis." 
Alors, pour se prémunir face aux attaques du canidé aux crocs acérés, l’association a un plan. Ou du moins quelques esquisses d’idées à creuser, basées sur la "co-adaptation". Car pour les éleveurs, la "cohabitation homme-loup" est une douce utopie réservée aux fervents défenseurs des animaux. Même le préfet du Var, Jean-Luc Videlaine, trouve le concept de cohabitation "assez curieux", dans la mesure, explique-t-il, où
"le terme veut quand même dire vivre dans la même maison!"


 
Yoko, l'un des 15 chiens de protection de Guillaume Fabre.
Yoko, l'un des 15 chiens de protection de Guillaume Fabre. G.A.

"Les écolos érigent le loup comme un totem auquel il ne faut pas toucher en considérant que c’est à l’homme de s’adapter, prolonge Pascal Thavaud. Or, nuance-t-il, la coadaptation consiste à faire des efforts des deux côtés. Il faut forcer le loup à s’adapter lui aussi, à s’éduquer, à avoir peur de l’homme. Il faut qu’il soit dans la crainte de s’approcher des troupeaux". Et puis "la communication est très importante entre les loups, rappelle-t-il. À force, ils s’attaqueront moins aux troupeaux et se tourneront peut-être vers le chevreuil ou le sanglier..."

Faire appel à des louvetiers locaux
L’association milite donc pour le renforcement des tirs de prélèvement, "qu’ils soient surtout plus sélectifs". Nicolas insiste d’ailleurs pour "faire appel à des lieutenants de louveterie locaux qui connaissent bien le terrain. On a besoin d’une équipe en permanence pour intervenir rapidement quand les attaques se répètent", propose l’éleveur.
Jusqu’à l’an dernier, le pourcentage de loups pouvant être abattus au niveau national était fixé entre 10 et 12% de la population totale. Il y a deux semaines lors du Grand Débat à Gréoux-les-Bains, Emmanuel Macron a annoncé rehausser la barre entre 17 et 19% pour 2019. Selon le président de l’AEC, "c’est un minimum".

 
"Le principe de feu dirigé, explique Christian Louis, est une technique d’antan qui n’est plus utilisée alors qu’il n’y a rien de plus efficace."
"Le principe de feu dirigé, explique Christian Louis, est une technique d’antan qui n’est plus utilisée
alors qu’il n’y a rien de plus efficace." G.A.
Ouvrir le milieu
Mais l’idée principale défendue par l’association des éleveurs, c’est ce qu’ils appellent l’ouverture du milieu. Le principe est simple. Il s’agit, en gros, de débroussailler le terrain sur des secteurs bien spécifiques. Pascal Thavaud encourage donc l’Office national des forêts (ONF) à réaliser ce travail d’éclaircissement. "C’est beaucoup plus pratique quand on a une meilleure visibilité, constate pour sa part Guillaume Fabre. C’est plus simple pour les bêtes et ça permet surtout aux chiens d’être beaucoup plus efficaces en cas d’attaque."
    "Dans un milieu fermé embroussaillé, le loup est chez lui, il attaque beaucoup plus facilement"
Animatrice régionale Paca au réseau loup-lynx de l’ONCFS, Caroline Molins se dit "tout à fait favorable à cette idée. Cela pourrait avoir un impact positif pour améliorer les conditions de pâturage." Et puis comme le fait remarquer Christian Louis, vice-président de l’Association des communes pastorales (ACP) Sud-Paca : "Dans un milieu fermé embroussaillé, le loup est chez lui, il attaque beaucoup plus facilement."
Il y a quelques semaines, quelques hectares de terrain ont justement été brûlés sur les hauteurs de Canjuers. "Ce principe de feu dirigé, explique Christian Louis, est une technique d’antan qui n’est plus utilisée alors qu’il n’y a rien de plus efficace."


 
Pour Guillaume Fabre, "l'ouverture du milieu permet aux chiens d’être beaucoup plus efficaces en cas d’attaque."
Pour Guillaume Fabre,
"l'ouverture du milieu permet aux chiens d’être beaucoup plus efficaces en cas d’attaque." G.A.

Et maintenant ?
Toutes ces mesures expérimentales, l’Association des éleveurs de Canjuers les a présentées au préfet coordinateur national du plan loup. Elles ont également été posées sur la table lors du dernier Comité de pilotage du loup qui s’est tenu en début de mois en préfecture de Toulon. C’est désormais au Conseil scientifique de les évaluer. Et de les valider.
De son côté, Jean-Luc Videlaine assure prendre l’affaire très au sérieux. "C’est le sujet le plus grave pour le monde agricole qui correspond à une réalité palpable, confie le préfet du Var. Le Conseil scientifique a pour l’instant considéré que le dossier n’était pas encore assez solide, mais qu’il allait à nouveau l’étudier", précise-t-il par ailleurs.
Parmi les autres mesures annoncées par le gouvernement, il est notamment question de définir "un cercle zéro", qui concernerait les secteurs les plus touchés par les attaques et pour lesquels "des mesures exceptionnelles seraient rapidement mises en oeuvre." "Alors, annonce Jean-Luc Videlaine, on pourra en rendre compte lors d’un nouveau Comité de pilotage, en automne prochain."
Le préfet du Var a annoncé que "des mesures exceptionnelles seraient rapidement mises en oeuvre."
Le préfet du Var a annoncé que "des mesures exceptionnelles seraient rapidement mises en oeuvre." G.A.
 
Les éleveurs de Canjuers attendent tout cela avec impatience. "C’est quand même une expérience unique de regrouper autant d’éleveurs autour d’un projet qui vise à sauver l’élevage pastoral, conclut Pascal Thavaud. Car si ça marche, prophétise-t-il, qu’on obtient une baisse de la prédation, alors on pourra étendre ce dispositif qui n’est encore qu’un banc d’essai sur d’autres secteurs, comme le Mercantour ou le Vercors…"

"C'est l'avenir du pastoralisme qui est en jeu"
"Notre principal espoir, résume à son tour Christian Louis, c’est que Canjuers soit véritablement reconnu comme un site expérimental et qu’on puisse travailler à l’avenir pour trouver les meilleures solutions. C’est l’avenir du pastoralisme qui est en jeu."
Sur les deux dernières années, le taux de prédation à Canjuers a atteint près de 15% des effectifs de troupeaux ovins pâturants.
Sur les deux dernières années, le taux de prédation à Canjuers a atteint près de 15% des effectifs
de troupeaux ovins pâturants. G.A.


 
Par Guillaume Aubertin
Publié par : varmatin.com

 

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