* Michel BLANC :06 62 61 65 91 / 04 94 77 76 01 - regine.blanc-michel@orange.fr *
Je reste à votre disposition pour toutes questions, conseils ou informations.
N'hésitez pas à me contacter


La chasse à courre
 
La chasse à courre, une tradition française
à défendre et à préserver

https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/image_article/public/2018-06/000_VE9KY.jpg?itok=VQ3IBdcT
Image d'illustration. Photo © Lionel BONAVENTURE / AFP
Illustration source :
valeursactuelles.com
Tribune
Il suffit d’écouter les opposants à la chasse à courre pour se rendre compte que leur argumentation est souvent aussi absurde qu’artificielle, développe le professeur d'histoire Kevin Bossuet.

Alors que d’après un sondage de l’institut IFOP datant de décembre dernier, 84% des Français seraient opposés à la chasse à courre, le président de la République, en la personne d’Emmanuel Macron, n’a jamais envoyé autant de signaux positifs aux adeptes et aux défenseurs de ce mode de chasse ancestral. En effet, d’après Willy Scharen, le président de la Fédération Nationale des chasseurs (FNC), qui a rencontré le chef de l’Etat en février dernier : « Emmanuel Macron soutient la globalité de ce qui se passe au niveau de la ruralité en matière de chasse et la chasse à courre en fait partie. »

Déjà au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait, chez les activistes vociférants de l’animalisme bête et méchant, très largement défrayé la chronique en défendant ouvertement toutes les chasses traditionnelles. «Je suis très clair sur le sujet. Je pense qu’il faut laisser respirer les gens. Je crois que c’est Georges Pompidou qui avait eu cette phrase en disant à ses ministres "Arrêtez d’emmerder les Français." Je pense honnêtement qu’on a beaucoup mieux à faire qu’aller chercher les gens sur toutes les chasses traditionnelles qui existent. Ça fait partie en effet du patrimoine. Ça fait partie de l’art de vivre. Ça fait partie aussi d’un temps qu’on organise, d’un rapport à la nature. » avait-il alors déclaré au congrès de la Fédération nationale des chasseurs de France en mars 2017.

Quelques mois plus tard, en janvier 2018, c’est en se prononçant pour le retour des chasses présidentielles (supprimées et remplacées par des « battues de régulation » sous Nicolas Sarkozy), un mois seulement après avoir participé à Chambord à une battue au sanglier, qu’Emmanuel Macron a définitivement cloué le bec des militants anti-chasse à courre qui ont alors bien compris, que malgré leurs glougloutements intempestifs, ils n’obtiendraient jamais, sous ce quinquennat, gain de cause. La chasse à courre semble par conséquent, vouée, du moins encore pour quelques années, à un brillant avenir.
« La chasse à courre qui était une pratique noble s’est alors largement démocratisée pour devenir aujourd’hui très populaire dans les campagnes »

Il faut dire qu’avec ses 10 000 pratiquants réguliers regroupés dans plus de 70 départements, ses 18 000 parties de chasse annuelles, ainsi que ses 100 000 sympathisants, le monde de la vènerie est, en 2018, extrêmement actif et n’a de cesse de recruter en masse de nouveaux adeptes. Alors qu’avant la Première Guerre mondiale on comptait, en France, environ 200 équipages, il y en a aujourd’hui environ 400, et chaque année, environ une vingtaine de dossiers de création est étudiée.

Apparue il y a plus de 600 ans et particulièrement mal connue du grand public, la vènerie, appelée également « chasse à courre » ou « chasse à cor et à cri », est un mode de chasse qui consiste à chasser un animal sauvage (le cerf, le lapin, le renard, le chevreuil, le lièvre ou encore le sanglier) uniquement à l’aide de chiens courants. L’homme n’est alors là que pour encadrer, contrôler et suivre les chiens qui, guidés par leur instinct et par leur odorat exceptionnel, tentent de capturer une bête sauvage. Aucune arme à feu ou technologique moderne n’est utilisée durant l’action de chasse, sauf en cas de danger pour les hommes ou pour les chiens.

Loin des clichés que ses détracteurs essayent par tous les moyens de véhiculer, la vènerie, n’est plus aujourd’hui une pratique cynégétique réservée à une élite aristocratique ou bourgeoise. En effet, Maximilien, qui pratique la chasse à courre depuis sa plus tendre enfance, l’explique très bien : « En France, avec la Révolution et le code napoléonien, les grandes propriétés ont disparu. La chasse à courre qui était une pratique noble s’est alors largement démocratisée pour devenir aujourd’hui très populaire dans les campagnes.»
Baudouin, quant à lui, qui est tombé dans la chasse à courre quand il était petit, fait le même constat : « Nous ne sommes plus au temps des rois et des seigneurs. La vènerie n’est pas réservée à une élite. Quand on chasse à courre, on passe nos journées avec des classes sociales très différentes. Nous accueillons tout le monde. Il y a des cadres, des professions libérales, des artisans, des agriculteurs, des ouvriers, c’est très divers. »

En plus d’être socialement mixte, le monde de la vènerie, est très grandement ouvert aux femmes et aux plus jeunes. Guillaume Greffier, président de l’Association des jeunes veneurs, en témoigne : « Il y a beaucoup de jeunes qui pratiquent la chasse à courre. Je préside une association qui les rassemble. Il y a en moyenne une dizaine de jeunes par équipage, soit généralement environ un quart. Ce n’est pas mal du tout. » Il ajoute : « Il y a également beaucoup de femmes qui pratiquent aussi bien à pied ou à cheval. Certaines sont même maîtres d’équipage. Moi, j’ai appris à suivre la chasse grâce à ma mère. Mes deux grandes sœurs chassent également. La chasse à courre n’est pas réservée qu’aux hommes, les femmes y jouent un rôle tout aussi important. »
Une enquête réalisée en juin 2011 par la Société de Vénerie a d’ailleurs largement mis en avant ce constat puisqu’il y aurait parmi les veneurs, d’après cette dernière, environ 20% de femmes et 25% de chasseurs âgés de moins de trente ans.

En fait, pour beaucoup, le monde de la vènerie s’insère dans une tradition et une véritable histoire familiales. Guillaume Greffier, par exemple, pratique la chasse à courre depuis le plus jeune âge grâce à sa famille : « Mes parents m’ont amené très tôt à la chasse et ça m’a beaucoup plu. Mon grand-père a créé en 1970 un équipage avec des chiens courants. Il était louvetier. Depuis, on pratique la chasse à courre en famille entourés d’amis et de sympathisants. »
Pour Maximilien, c’est exactement la même chose : « Du côté paternel comme du côté maternel, j’ai baigné dans le domaine de la vènerie depuis le plus jeune âge. Mes grands-parents chassaient tous à courre, ou suivaient régulièrement. Mon grand-père maternel était maître d’un équipage de cerf dans l’Ouest. Mon père a écrit un livre sur le sujet. Jusqu’à ce que je parte vivre et travailler en Angleterre, j’ai beaucoup chassé. Quand j’étais à l’université, j’y allais environ un week-end sur deux. »
Néanmoins, pour Baudouin, qui est également né dans une famille de veneurs, puisque son grand-père a créé un équipage il y a plus de cinquante ans, « même si c’est souvent une tradition familiale, beaucoup intègrent le monde de la vènerie sans avoir de la famille dans le milieu. Il y a effectivement beaucoup de gens extérieurs qui ne viennent pas forcément d’une famille de veneurs. »

Quels que soient leur âge, leur milieu social ou encore leur histoire familiale, qu’ils soient maîtres d’équipage, c’est-à-dire qu’ils dirigent une équipe de veneurs, « boutons » (membres d’équipage) ou simples suiveurs (n’étant pas membres d’un équipage mais suivant la chasse), tous ces individus partagent pour la chasse à courre une véritable passion.  Maximilien en témoigne : « La chasse à courre est pour moi une vraie passion. J’ai toujours été intéressé par les chevaux et l’équitation. Dans la vie urbaine que je mène, la vènerie est un moyen de m’extirper de mon quotidien et de prendre une belle bouffée au milieu d’une belle nature sauvage.» Pour Baudouin « la chasse à courre, c’est génial ! Il y a un véritable esprit de camaraderie, un vrai esprit de partage. Les gens passent d’excellentes journées, on est dans la nature entre amis, et après la chasse, on se retrouve tous autour d’un bon verre de rouge et de nos paniers. » Il ajoute : « c’est une véritable communion avec la nature et les animaux, ainsi qu’un moment passionnant qui nous transporte toujours par son intensité et sa beauté. »

Cette pratique qui donne à ses acteurs un sentiment d’évasion et de liberté est néanmoins extrêmement bien encadrée ; aussi bien par la législation que par une certaine éthique inhérente au monde de la vènerie. En effet, au-delà des règles qui s’appliquent en France à la chasse, la vènerie est régie par un arrêté ministériel qui date de 1982, mais est surtout encadrée par des règles internes très précises inscrites dans différentes chartes. Par exemple, les veneurs ne chassent que là où ils ont la permission. Lorsqu’un animal sauvage sort du territoire de chasse, les veneurs rappellent les chiens et arrêtent l’activité. En outre, tout est fait pour entretenir de bonnes relations avec les riverains et les propriétaires des espaces sur lesquels se déroulent la chasse.

Un véritable savoir-être, qui passe notamment par le respect, la politesse et la courtoisie, anime les veneurs. Pour Guillaume Greffier « sans courtoisie et respect, il ne peut pas y avoir de chasse à courre. Les équipages fonctionnent de manière associative avec un président et toute une équipe derrière ; si on ne s’entend pas, ça ne peut pas marcher. »  Maximilien, lui aussi, l’affirme : « la vènerie est un monde très codifié. La politesse et la courtoisie occupent une place très importante. Par exemple, quand on est à cheval, on se découvrira lorsque l’on dépasse une dame. »

Ce respect, qui est omniprésent entre les membres de la communauté des veneurs, est également une réalité vis-à-vis des animaux, qu’ils soient domestiques (les chiens et les chevaux) ou sauvages. Guillaume Greffier est très clair sur ce point : « Sans les chiens et les chevaux, on ne peut pas chasser, on en prend donc excessivement soin. Nous sommes passionnés par nos chiens. Pour qu’un équipage fonctionne, il faut que les chiens et les chevaux soient en bonne santé. Quand un chien se blesse, on le met en sécurité et on l’emmène chez le vétérinaire. Tout est très encadré.» Il ajoute : « Quant aux animaux chassés, c’est la même chose. Nous les respectons profondément. Nous fonctionnons dans le respect des lois naturelles. La nature est faite de prédateurs. Les hirondelles mangent les moustiques, les crocodiles mangent les gnous. N’importe quel écosystème est basé sur la prédation. Alors oui, c’est vrai, on ôte la vie d’un animal, mais on le respecte toujours. On fait tout pour abréger ses souffrances et au moment de la curée, la cérémonie qui suit la mise à mort de l’animal, on se décoiffe toujours pour lui faire honneur. » Maximilien surenchérit : « Oui, l’animal se défend dans son milieu naturel. Nous ne faisons que reproduire la prédation naturelle entre un animal prédateur et un animal prédaté. Comme nous n’utilisons pas d’armes à feu, sauf pour des raisons de sécurité, si l’animal s’en sort, il n’est jamais blessé. »

C’est effectivement sur la loi naturelle qui régit la prédation que repose la vènerie. Comme le dit très bien Baudouin, les animaux sauvages ont la possibilité de se défendre par la fuite ou par la ruse, et l’homme veille à ne jamais intervenir afin que le rapport de force demeure équitable : « Trois fois sur quatre, l’animal gagne sur les chiens. Il a une véritable chance de s’en sortir indemne, c’est un mode de chasse qui laisse toute sa chance à l’animal. » Il ajoute : « Nul ne pratique la chasse à courre pour voir souffrir l’animal. Le but est simplement de revenir aux sources de la nature tout en admirant les défenses et les ruses des bêtes sauvages. La mort fait partie de la vie. Le veneur aime la nature avec sa beauté et ses violences. »

Il suffit d’ailleurs d’écouter les opposants à la chasse à courre pour se rendre compte que leur argumentation, loin de respecter la logique de nos lois naturelles, est souvent aussi absurde qu’artificielle. En effet, d’après eux, l’homme n’aurait aucun droit sur les animaux, et serait même, à en écouter certains, égal à ces derniers, ce qui ne lui permettrait pas de les tuer pour se nourrir. Autant dire, que ces individus, avec leur ordre moral complètement frelaté qu’ils tentent par tous les moyens de nous imposer, remettent allègrement en cause les fondements mêmes de l’ordre naturel. Pour Baudouin, cela ne fait aucun doute : « les militants anti-chasse à courre ne connaissent pas les animaux sauvages et la vie en forêt. Ils vont même jusqu’à préférer un sanglier ou un cerf à leur voisin. »

Du reste, ces activistes de la cause animaliste ne font pas que remettre en cause le fonctionnement de la nature, mais s’en prennent allègrement à notre histoire et à notre civilisation dont la chasse à courre, ne leur en déplaisent, fait assurément partie. Baudouin, l’exprime clairement quand il met en avant cette caractéristique essentielle : « La chasse à courre s’inscrit dans une histoire qui est ancrée dans le paysage patrimonial français. Elle véhicule des valeurs et des symboles qui, depuis plusieurs siècles, se transmettent de génération en génération. Elle est autant une tradition rurale qu’un art de vivre à la française. Ceux qui la condamnent ne la connaissent pas, et connaissent en général très mal la nature. »

Alors oui, à l’heure où notre pays traverse une crise identitaire sans précédent, et que des militants animalistes tentent par tous les moyens de nier le fonctionnement de la nature tout en reniant une partie de notre culture, il apparaît essentiel de défendre la chasse à courre. Loin des clichés grotesques que ses détracteurs tentent de colporter à son sujet à longueur de journée, la vènerie est un mode de chasse en plein essor et profondément respectueux de l’ordre naturel et du règne animal, tout en constituant une part essentielle de notre patrimoine national et rural. Par conséquent, soyons-en certains, si nous voulons que « la France reste la France », pour reprendre une expression qui a agité récemment la sphère médiatico-politique, défendre la chasse à courre, c’est d’abord et avant tout lutter pour le respect de nos traditions et la promotion d’une ruralité vivante.

Par Kevin Bossuet
Publié par : valeursactuelles.com

Retour%20Accueil


Me%20contacter%20par%20mail



Bookmark and Share

 



 
 
 
 

 

 

 

 


LeClosduPoste.com traduit - LeClosduPoste.com translates - LeClosduPoste.com traduce - LeClosduPoste.com übersetzt

Contact - Plan du Site - Conditions Générales d'Utilisation de Wifeo.com