LES ACTUALITES DU JOUR
Barcelone :
une éradication massive des sangliers sous haute surveillance pour lutter contre la peste porcine
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© Agents Rurals - Source : lechasseurfrancais.com Cherchant toujours à lutter contre l’épidémie de peste porcine qui touche la région, les autorités veulent éradiquer 12 000 sangliers.
- Face à un foyer de peste porcine africaine détecté en novembre dernier près de Barcelone, les autorités catalanes ont engagé une opération d’éradication inédite des sangliers dans le massif de Collserola.
- Pièges, tirs de précision et surveillance technologique. Une stratégie radicale qui interroge la gestion moderne de la faune sauvage.
Une opération sanitaire d’ampleur exceptionnelle
- Depuis novembre 2025, la Catalogne est confrontée à un foyer de peste porcine africaine (PPA) détecté à proximité de Barcelone.
- Pour éviter la propagation du virus et protéger la filière porcine, les autorités ont décidé de réduire drastiquement la population de sangliers dans la zone.
- Dans le périmètre concerné de 20 km 2, entre 8 000 et 12 000 animaux étaient initialement recensés.
- Aujourd’hui, seuls quelques centaines subsistent dans le parc de Collserola, signe de l’intensité des prélèvements réalisés.
- L’objectif est clair : atteindre une densité extrêmement faible, voire éradiquer totalement les sangliers dans certains secteurs pour casser la chaîne de transmission du virus.
- Un garde forestier témoigne à El Pais : « Il nous reste encore quelques jours avant d'avoir éradiqué tous les sangliers, mais nous constatons déjà une diminution des accidents et des collisions entre les sangliers et les véhicules. Nous sommes sur la bonne voie ».
Piégeage, tir et nouvelles technologies
- Pour mener cette mission, les agents ruraux catalans ont recours à des méthodes variées et complémentaires.
- Installation de cages appâtées au maïs et systèmes de capture collectifs sur le terrain.
- En parallèle, des tireurs spécialisés interviennent, notamment de nuit, avec des armes équipées de dispositifs discrets.
- La technologie joue également un rôle clé.
- Drones à infrarouge pour repérer les animaux.
- Chiens spécialisés pour localiser les carcasses.
- Et analyses systématiques des individus prélevés.
2 258 carcasses de sangliers ont été analysées. 1 545 provenant de la zone à haut risque et 612 de la zone à faible risque. Le nombre de résultats positifs est passé à 232.
Une gestion de la peste porcine sous tension
- Cette stratégie radicale ne fait pas l’unanimité.
- Avec des signalements d'actes de sabotage sur des pièges.
- Sans suprise, des actes attribués à des militants animalistes opposés à l’abattage massif.
- Des caméras pièges ont d'ailleurs filmés plusieurs de ces militants.
- Les images transmises aux autorités.
- Pourtant, les autorités défendent une approche strictement sanitaire, soulignant que la réduction rapide des effectifs est indispensable pour éviter une crise économique majeure dans la filière porcine.
Vers une nouvelle gestion du sanglier ?
- Cette opération, qui pourrait se prolonger jusqu’en 2027, illustre les limites des méthodes classiques de régulation dans les zones périurbaines.
- Entre impératif sanitaire, pression sociétale et contraintes de terrain, Collserola devient un laboratoire grandeur nature de la gestion de la grande faune en Europe.
Chasseurs et gestion des sangliers pour lutter contre la peste porcine
- Dès fin décembre le gouvernement assoupli les réglementations pour les inciter à chasser plus ( voir notre article) .
- Mais cet assouplissement tarde à se mettre en place.
- Ainsi selon la Fédération royale espagnole de chasse et la Fondation Artemisan.
" Les autorités compétentes retardent la mise en œuvre des mesures nécessaires. Permettant à la peste porcine africaine de continuer à se propager, comme le démontre le cas détecté dans la municipalité de Barcelone, qui a conduit à la fermeture du parc de Collserola. Malgré les efforts déployés par le gouvernement catalan en matière de contrôle direct et de clôture, le nombre de cas continue d'augmenter. Et l'incertitude grandit quant à savoir si la maladie a déjà infecté des personnes en dehors des zones restreintes. Ce qui ouvrirait la voie à sa propagation incontrôlable à d'autres régions du pays.
À cet égard, les deux entités demandent une évaluation de l'efficacité des actions entreprises et exigent la mise en œuvre des mesures proposées par le comité d'experts de la PPA, qui a recommandé l'élimination complète des sangliers dans un rayon de 20 kilomètres autour du point d'apparition du premier cas."
Par Isabelle Leca
Pour lechasseurfrancais.com
Le loup hurle, la forêt répond :
comprendre un prédateur en expansion
Le son est allumé! Mais ce que vous entendez parfois au cœur de la nuit ou capturé par une caméra forestière, ce hurlement puissant et reconnaissable entre tous n’est pas une légende, c’est la voix du loup (Canis lupus), l’un des plus grands prédateurs d’Europe. Loin des clichés mystiques et des clichés médiatiques, ce cri emblématique est d’abord un outil de communication naturelle essentiel à la vie sociale des meutes, aux rassemblements des membres, à la défense du territoire et à la coordination des activités, notamment en période de rut ou de chasse.
- Dans un paysage européen en pleine mutation écologique, où le loup reconquiert de vastes territoires, comprendre ces hurlements n’est pas seulement utile, mais indispensable pour une gestion responsable de la faune sauvage.
- Et dans ce grand orchestre naturel, les chasseurs se trouvent souvent aux premières loges, grâce à leurs observations, leurs pièges photographiques et leur expérience du terrain. Prêts à découvrir pourquoi hurler avec les loups n’est plus une simple métaphore ?
Hurlements : un langage à plusieurs voix
- Le hurlement n’est pas un simple cri mais une vraie stratégie de communication à longue distance, car il permet de localiser et rassembler les membres d’une meute dispersée, mais il sert aussi à marquer le territoire et avertir d’autres meutes voisines.
- Enfin, il aide à renforcer les liens sociaux et coordonner les déplacements ou la chasse.
- Chaque loup possède une signature vocale propre, ce qui permet aux congénères de se reconnaître à travers un concert souvent polyphonique, qui peut parfois ressembler à une chorale d’un type particulier…
Du terrain aux données : comment les chasseurs enrichissent la science
- Au cœur des forêts et des zones de présence lupine, les chasseurs ne se contentent pas de voir ou entendre, ils documentent.
- Grâce à des caméras, des enregistreurs sonores et des décennies d’observations cumulées, ils contribuent notamment à surveiller les comportements saisonniers, comme l’intensité des hurlements en période de rut ou de dispersion.
- Ces observations documentées permettent de fournir des données pour affiner les modèles de gestion cynégétique, aider à comprendre comment ces cris varient selon les régions et les interactions locales avec les activités humaines et d’autres carnivores.
- Des études récentes montrent d’ailleurs que les hurlements ne sont pas de simples réponses automatiques à une situation, mais qu’ils peuvent être médiés par la qualité des relations sociales au sein de la meute, ce qui suggère une flexibilité comportementale plus grande que ce que l’on pensait auparavant.
Expansion du loup : s’habituer aux hurlements… et aux réalités cynégétiques
- Avec la recolonisation de nombreuses régions européennes par les loups, leurs hurlements deviennent un peu moins rares et parfois un peu plus familiers (désolé pour ceux qui pensaient encore que c’était une blague du voisin…).
- Cette expansion pose les défis cynégétiques réels auxquels nous sommes maintenant confrontés.
- Comment concilier les besoins écosystémiques du prédateur avec le rôle traditionnel du chasseur ?
- Comment intégrer ces données acoustiques dans des décisions de gestion fondées sur la science ?
- Jusqu’où la coexistence est?elle possible et souhaitable ?
- Le hurlement, ce n’est pas seulement une curiosité sonore, c’est un signal que « la nature s’exprime », et il va peut?être vraiment falloir s’y habituer…
- Le hurlement du loup reste l’un des sons les plus emblématiques du monde sauvage, un appel à comprendre, à observer et peut être même à coexister.
Haut-Rhin : un garde-chasse pris pour un homme dangereux en pleine forêt
- L’incident, sans gravité, révèle pourtant un décalage croissant.
- En milieu rural, la présence d’armes est encadrée et liée à des fonctions précises : régulation de la faune, surveillance, sécurité ou bien entendu chasse.
- Mais pour une partie du public, ces réalités sont désormais méconnues.
- Ce type de confusion n’est pas isolé.
- Ces dernières années, plusieurs interventions similaires ont été déclenchées après des signalements de chasseurs ou d’agents forestiers, souvent liés à une perception anxiogène du contexte sécuritaire.
- La forêt, de plus en plus fréquentée pour les loisirs, est parfois perçue comme un espace neutre, déconnecté de ses usages.
- Or elle reste un territoire géré, où coexistent différentes activités.
- Au-delà de l’anecdote, l’épisode illustre une fracture culturelle : celle entre une société urbaine en quête de nature et les réalités concrètes de sa gestion.
Par Jacques Cheval
Pour chassepassion.net