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HYGIENE DU CHENIL - LA COPROPHAGIE

 
La coprophagie en chenil
 

La coprophagie se définit comme l'ingestion volontaire d'excréments solides.
Elle est fréquente dans les chenils et considérée comme un trouble du comportement alimentaire. Les causes sont multiples et souvent difficiles à identifier.


 


Source iconographoque :
www.princedegascogne.com

 

La coprophagie est un comportement vital chez certaines espèces, mais tout à fait anormal chez le chien.

Une exception existe : la mère ingère les selles de ses chiots et ce n'est pas inquiétant.
Cependant, l'attirance naturelle des chiens pour leurs excréments ou ceux de leurs congénères est indéniable.

 
Les causes  

> Le parasitisme digestif  :

  • En effet, les parasites peuvent être à l'origine d'une mal digestion.

> Divers troubles du comportement comme par exemple la compétition alimentaire :

  • Dans une meute certains chien mangent trop (les dominants), ce qui accélère leur transit digestif. Il y a dans ce cas une mauvaise absorption des nutriments, qui se retrouveront alors dans les excréments.
  • Les matières fécales seront donc appelantes pour les autres chiens. Les chiens dominés, mangent souvent une quantité moins importante que les autres chiens de la meute.
  • C'est pourquoi ils seront plus enclins à consommer les excréments des chiens dominants car ceux-ci présentent une appétibilité résiduelle.
     

Source iconographique : www.vetopsy.fr


Un excrément dans lequel persiste des nutriments non digérés est «appétissant» pour l'excréteur mais aussi pour ses congénères.
Il peut y avoir plusieurs raisons pour que des éléments non digérés persistent dans les matières fécales :
> Des déficits enzymatiques de diverses origines
favorisent l'excrétion d'éléments non digérés dans les selles. Ces déficits peuvent avoir des causes héréditaires, infectieuses... Il y aura mal digestion, le chien sera carence et mangera ses excréments non seulement parce qu'ils seront appelants mais aussi pour combler ses carences.
L'insuffisance pancréatique exocrine en est un exemple. Les symptômes sont caractéristiques :

  • Amaigrissement malgré un appétit augmenté, et émission de selles volumineuses et d'aspect gras associés à un mauvais état du poil.

> Souvent, nos chiens de chasse sont aussi atteints d'un déficit en amylases.
L'amidon (contenu dans le riz, les pâtes...) n'est alors pas entièrement digéré.
Pour remédier à cela, il convient de veiller à bien le cuire ou l'écraser et ce, afin d'en améliorer la digestibilité.

> La coprophagie peut faire suite à l'ingestion d'un aliment peu digestible : Des croquettes de mauvaise qualité, trop grasses ou contenant trop de fibres peuvent être mal digérées. Les aliments qui ont des tendons, des poils ou des plumes comme source de protéines (c'est fréquent !!!) favorisent ce comportement.


 

 D'autres causes peuvent inciter à la coprophagie 


> L'ennui, le stress :
Dans ce cas, la coprophagie s'étend rapidement par imitation aux autres chiens de la meute. Le stress peut amener les chiens à devenir coprophages (des causes aussi étonnantes que le passage régulier de renards à proximité du chenil peut entraîner de la coprophagie).

> Les troubles hiérarchiques : les chiens dominés sont sujets à devenir coprophages.


> La coprophagie peut être la conséquence d'un souci exacerbé de propreté du chien.
En effet, si on l'a beaucoup puni dans son jeune âge suite à sa malpropreté, le chien peut devenir coprophage afin de faire disparaître ses méfaits.

> Les carences en vitamines sont une cause de coprophagie.

> D'autres causes ont été invoquées, comme le manque d'exercice ou d'espace mis à la disposition du chien.

C'est pourquoi il est possible d'observer des «épisodes» de coprophagie, comme par exemple pendant la période de fermeture de la chasse.


 


Source iconographique : aunissaintonge.chiens-de-france.com

 Les traitements 

La coprophagie présente peu de risque sanitaire chez le chien adulte en bonne santé parce que l'acidité gastrique permet de neutraliser la majorité des bactéries potentiellement pathogènes. En revanche, le risque lié à la coprophagie est accru chez les chiots et chez les chiens âgés.
De plus, la transmission des parasites est à prendre en considération : les contaminations s'étendent rapidement à tous les chiens du chenil à cause d'un tel comportement.
Etant donné que les causes sont multiples, de nombreux traitements peuvent être imaginés. L'idéal serait de connaître la cause primaire, et d'y remédier. En pratique, ce n'est pas si facile et il peut être judicieux d'aborder le problème d'une autre façon : on préfère essayer un traitement (choisi empiriquement) et observer son effet. Les réponses aux différents traitements testés permettront de connaître la source du problème.
On conseille de ne pas ramasser les déjections en présence du chien, ou tout du moins il ne faut pas que ce soit la première chose faite en rentrant dans le chenil. Sinon, petit à petit, une compétition va s'installer entre le chien et son maître : le chien ingérera ses matières fécales le plus rapidement possible, pour être certain qu'elles ne lui soient pas prises. Il est inutile de mettre le nez du chien dans ses excréments car ce n'est pas répugnant pour lui.
Dans le cas de la coprophagie causée par l'ennui, il peut être judicieux de mettre des jeux à la disposition des chiens (par exemple : bûches de bois que les chiens prendront plaisir à «rogner»...).
Une option est de supplémenter le chien en enzymes digestives. Pour cela, de la poudre d'enzyme est disponible chez le vétérinaire (Canizyme ®, à la moitié de la dose habituelle).

 

Une autre option est de se procurer du pancréas frais et de l'ajouter à la ration, chaque jour. Cependant, avant de pouvoir espérer observer une amélioration, il faudra attendre deux à trois semaines. Si cela est possible (nombre de chiens restreint), une des meilleures solution est de susciter une aversion chez les chiens. Pour ce faire, il faut saupoudrer les excréments avec des répulsifs tels que le poivre ou la moutarde. Il est aussi envisageable d'utiliser des vomitifs tels que le sel ou l'eau oxygénée afin de dissuader l'ingestion des selles.
 

 Conclusion 

 
La coprophagie en chenil n'est pas une fatalité, mais elle est longue et difficile à investiguer.
Mais lorsque la cause primaire est identifiée, il est toujours possible de remédier à ce comportement plutôt dérangeant.

  

Maude Marcoccio-Dr Vétérinaire
Sanglier Passion mars 2008

 

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