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L'INSUFFISANCE RENALE CHRONIQUE

 





 


Une maladie vicieuse





S'il est une maladie vicieuse, c'est bien l'insuffisance rénale chronique.
Elle progresse tapie dans l'ombre sans se montrer pendant des mois voire des années avant de se déclarer et d'emporter nombre de nos vieux compagnons de chasse.
Beaucoup de chasseurs ont déjà eu maille à partir avec cette affection rénale et la plupart n'en gardent pas de bons souvenirs car malgré les soins, elle se révèle souvent fatale.
 
Comme souvent lors de pathologie difficilement curable, la meilleure des luttes est la sensibilisation à la pathologie :
En connaissant cette maladie, vous apprendrez à reconnaître les premiers signes d'appel afin d'offrir au plus vite à votre compagnon de chasse des soins adaptés. Des reins fonctionnels sont bien entendu indispensables à la bonne santé de l'organisme.
Particulièrement bien irrigués par le réseau sanguin, ces organes abdominaux voient passer en permanence le sang du corps et assurent l'élimination par voie urinaire de nombreuses substances indésirables.

Lorsque la défaillance des reins est trop importante, ils ne parviennent plus à éliminer des produits qui se révèlent rapidement toxiques, mettant en péril la survie de l'animal.


 

 
Des signes souvent tardifs
 
La défaillance d'une partie seulement des néphrons qui composent le tissu rénal est compensée pendant un certain temps par l'augmentation de fonctionnement des unités de filtration - les néphrons - restantes. Cette capacité explique que les signes cliniques sont tardifs, n'apparaissant qu'au-de1à du dysfonctionnement des trois quarts du tissu rénal. Aussi, lorsque l'animal montre des signes évocateurs de défaillance rénale, la fonction d'épuration est en réalité très amoindrie, de manière asymptomatique depuis des mois ou des années.
 

 
Les raisons de la défaillance

Les conditions de vie de l'animal et son passé médical pendant l'ensemble de son existence déterminent l'usure rénale cumulée. Même d'apparition brutale, l'insuffisance rénale chronique est en réalité la conséquence des multiples incidents rénaux rencontrés par l'animal au cours de sa vie, ce qui explique que cette pathologie atteigne plutôt les chiens âgés.

Certaines maladies se révèlent néfastes pour le tissu rénal soit parce qu'elles s'attaquent directement aux reins soit parce que leurs conséquences abîment les reins.
La leptospirose est une maladie qui détruit spécifiquement les reins. La piroplasmose est une maladie parasitaire du sang transmise par les tiques. En détruisant les globules rouges, ces parasites libèrent de l'hémoglobine dans le plasma. Lors de la filtration rénale du plasma, cette hémoglobine se révèle toxique pour le néphron.

De très nombreuses pathologies qui n'affectent pas directement les reins, entrainent une souffrance rénale et potentiellement à terme une insuffisance rénale.

A ces causes de défaillance rénale, il faut aussi ajouter toutes les substances qui présentent une toxicité propre sur 1e tissu rénal. Que ce soient des aliments comme le raisin, ou des produits chimiques comme l'éthylène glycol contenu dans l'antigel, ces toxiques entraînent une destruction massive des néphrons allant parfois jusqu'à l'insuffisance rénale aigue. Certains médicaments peuvent aussi avoir une toxicité rénale.

Il s'agit des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène et de quelques antibiotiques comme la gentamicine. Enfin, l'alimentation, même si elle ne conduit pas directement à de tels désordres rénaux, contribue à détériorer ou à promouvoir la santé rénale.

L'apport protéique de l'alimentation a une influence sur le fonctionnement des reins mais plus que la quantité de protéines, c'est la qualité et la digestibilité de ces protéines qui est en cause. La viande, crue ou cuite est une bonne source de protéines.

Cependant, des morceaux de basse qualité contenant une proportion non négligeable de collagène sont peu digestibles et sollicitent exagérément la fonction rénale par les déchets de collagène à éliminer.


 


 
 



Un des premiers signes à apparaître lorsque la capacité de filtration du rein diminue est l'augmentation de la quantité d'urine émise par votre chien. Le rein est un filtre dont le rôle est d'éliminer les déchets (notamment azotés) de l'organisme mais il régule aussi 1'équilibre hydrique de l'organisme en réabsorbant plus ou moins d'eau selon 1'état d'hydratation.

Avec la diminution du nombre des unités de filtration (les néphrons), cette capacité diminue et la quantité d'urine émise augmente, les urines sont moins concentrées. Pour compenser cette perte d'eau plus importante, le chien consomme plus d'eau. Cet élément non spécifique de l'insuffisance rénale, est un motif fréquent de consultation chez le vétérinaire. Une analyse des urines permet d'ailleurs d'évaluer la capacité rénale de concentration des urines par la mesure de la densité urinaire. Ces premiers signes peuvent être la seule manifestation de la maladie pendant une longue période où elle continue de progresser.

De nombreux autres signes apparaissent plus tardivement lorsque la capacité de filtration rénale est déjà nettement altérée (plus de 75% des unités de filtration sont détruites).
Le chien présente de l'apathie, de l'anorexie et un amaigrissement. Des vomissements et de la diarrhée apparaissent souvent à cause des déchets métaboliques qui ne sont plus correctement éliminés. Le vétérinaire dispose d'ailleurs d'analyses sanguines spécifiques pour évaluer la fonction rénale. Les valeurs sanguines de la créatinine et de l'urée augmentent lorsque la fonction rénale diminue. Les analyses sanguines révèlent aussi souvent une anémie, d'une part à cause de saignements digestifs liés aux métabolites toxiques non excrétés et d'autre part suite à la diminution de la fonction endocrine du rein qui sécrète une hormone intervenant dans la synthèse des globules rouges : l'érythropoïétine (EPO).

La fonction endocrine du rein régule aussi la pression artérielle et la dégradation du rein entraîne le développement d'une hypertension dont les conséquences peuvent toucher le cœur mais  aussi causer des lésions ophtalmologiques comme des décollements et des hémorragies rétiniennes.
Bref, l'insuffisance rénale peut être causée par une multitude de pathologies et peut elle-même engendrer un cortège de symptômes considérable.

C'est une maladie déroutante et insidieuse, et son traitement l'est tout autant... si l'on peut parler de traitement car bien que l'insuffisance rénale chronique ne puisse être guérie en soi, lorsqu'elle est diagnostiquée tôt, des traitements et une gestion hygiénique adaptés permettent de réduire les signes et la progression de la maladie.
 

 


 
 
Bien qu'il n'y ait actuellement aucun moyen pour prévenir l'insuffisance rénale chronique,  la prévention de toutes les pathologies affectant la santé rénale y contribue fortement.

La vaccination régulière contre la leptospirose, voire contre la piroplasmose, le traitement consciencieux de toute pathologie même non rénale ainsi que l'apport d'une alimentation de bonne qualité et équilibrée : une liste non exhaustive de mesures pour prévenir l'insuffisance rénale à moins que vous ne préfériez la greffe de rein comme cela se pratique sur quelques chiens fortunés chaque année à travers le monde...
 
 

 
Régime

Exemple de ration ménagère pour un chien insuffisant rénal (chien de 20 kg présentant une IRC modérée) :
  • 1 00 g de viande de porc (épaule)
  • 2 œufs durs entiers
  • 500 g de riz blanc cuit
  • 1 cuillère à soupe d'huile de colza
  • Complément minéral et vitaminique pauvre en phosphore
 

 
 
 



Le premier traitement des chiens souffrant d'insuffisance rénale chronique sera souvent la perfusion d'un soluté hydrique pour compenser la déshydratation et épurer l'organisme des déchets non excrétés. Plusieurs jours de perfusion sont parfois nécessaires pour sortir de la crise urémique. Lorsqu'une cause primaire est identifiée, un traitement est aussi mis en place. Des antibiotiques sont prescrits lors de leptospirose ou de pyélonéphrite.

Un traitement spécifique peut être mis en place lors de calcul rénal et lors d'intoxication à l'éthylène glycol contenu dans l'antigel, de l'éthanol est employé comme antidote.

Comme nous l'avons dit plus haut il existe de nombreuses mesures hygiéniques qui peuvent être prises pour minimiser les symptômes et ralentir la progression de la maladie.

L'alimentation est un volet essentiel de ces mesures. Spécialement formulée pour les insuffisants rénaux, cette alimentation contient un peu moins de protéines que les aliments classiques mais des protéines hautement digestibles.

Les apports en phosphore sont très réduits car le rein ne l'élimine déjà pas correctement.
ll existe des aliments spécialement formulés pour les insuffisants rénaux qui respectent ces recommandations et contiennent d'autre part des petits "plus" qui participent au maintient de la fonction rénale comme des acides gras polyinsaturés (oméga 6 et acides gras oméga 3), ou des vitamines.

ll est cependant tout à fait possible de garantir une alimentation adaptée avec une ration ménagère préparée à la maison.

Des mesures complémentaires visent aussi à traiter les complications et les conséquences de l'insuffisance rénale chronique. Des pansements gastriques et des antiacides viennent lutter contre les ulcères digestifs. De l'EPO de synthèse peut être utilisée pour stimuler la production de globules rouges et combattre l'anémie.

L'insuffisance rénale chronique est une maladie évolutive. Les chiens concernés par cette maladie doivent être surveillés en permanence, avec des contrôles sanguins fréquents pour adapter le traitement ou l'alimentation. Le pronostic dépend de la progression de la maladie et de la proportion de néphrons irréversiblement détruits mais aussi de la gravité des signes cliniques que présente l'animal.

Si la crise urémique a pu être traitée, le chien peut vivre une période de stabilité allant de quelques mois à quelques années à condition que le traitement et les mesures hygiéniques mises en place soient scrupuleusement suivis et maintenus pendant toute cette période.



De : Romain Nemoz - Docteur Vérérinaire
Pour : Sanglier Passion - Dec. 2010 / Janv. 2011

 

 

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