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Un chien « dévoré » par une « meute » en « forêt »
En choisissant les mots « dévoré », « meute » et « forêt », Le Parisien donne à un fait divers dramatique une résonance particulière à l’heure de l’ouverture de la chasse. - À l’heure de l’ouverture de la chasse, un simple titre d’article peut facilement porter à confusion. Imaginez un chien dévoré par une meute en forêt de Fontainebleau : vous faites, vous aussi, un parallèle ?
- C’est précisément ce que montre la publication du Parisien consacrée à la mort d’un berger allemand attaqué par plusieurs chiens dans les Yvelines.
Dévoré par une meute : un titre qui évoque immédiatement la chasse
Le drame est terrible.
- Un berger allemand de quatre ans, prénommé Thao, est mort après avoir été attaqué par plusieurs chiens à Jouars-Pontchartrain, dans les Yvelines.
- Sa propriétaire témoigne de son désarroi et décrit les circonstances particulièrement éprouvantes de la mort de son animal.
- Mais c’est surtout le titre choisi par Le Parisien qui interpelle : « C’était un carnage : un berger allemand meurt dévoré par une meute de chiens dans les Yvelines ».
- Dans sa publication sur les réseaux sociaux, le journal évoque également une « meute de chiens en forêt de Rambouillet ».
- À l’heure de l’ouverture de la chasse, un simple titre d’article peut facilement porter à confusion.
- Imaginez un chien dévoré par une meute en forêt de Fontainebleau : vous faites, vous aussi, un parallèle ?
- C’est précisément ce que montre la publication du Parisien consacrée à la mort d’un berger allemand attaqué par plusieurs chiens dans les Yvelines.
- Dans sa publication sur les réseaux sociaux, le journal évoque également une « meute de chiens en forêt de Rambouillet ».
- À quelques jours de l’ouverture de la chasse, les mots employés ne sont pas anodins. « Dévoré », « meute » et « forêt » forment une association particulièrement évocatrice.
- Pour beaucoup de lecteurs, ces termes renvoient immédiatement aux chiens de chasse, et notamment aux meutes utilisées pour la chasse à courre.
- Les réactions publiées sous le partage du journal montrent d’ailleurs que le rapprochement s’est fait très rapidement.
- « La chasse est ouverte ? », demande une internaute. Une autre évoque directement les chiens qui pratiquent la chasse à courre.
- Un autre commentaire affirme : « Les chasseurs nous diront encore que leurs chiens n’attaquent pas. »

© image d'illustration
Une formulation plus spectaculaire que précise
- Pourtant, les premiers éléments rapportés dans l’article sont différents.
- Le berger allemand se trouvait sur un sentier devant le domicile de sa famille, en forêt de Rambouillet.
- Les chiens impliqués dans l’attaque se trouvaient, eux, dans une propriété privée, derrière un grillage.
- Le journal évoque neuf chiens présents dans cette propriété.
- Il aurait donc été possible de titrer : « Un berger allemand attaqué par plusieurs bergers d’Anatolie échappés d’une propriété ».
- La formulation aurait été plus précise, mais aussi beaucoup moins spectaculaire.
- À l’inverse, « un chien dévoré par une meute en forêt » possède tous les ingrédients d’un titre à fort impact.
- Le lecteur visualise immédiatement une scène particulièrement violente, avec des chiens lancés à la poursuite d’un animal dans les bois.
- Le terme « meute » renforce encore cette impression, alors qu’il peut simplement désigner un groupe de chiens vivant au même endroit.
- Le fait divers devient ainsi plus vendeur.
- Il attire l’œil, provoque une réaction et encourage le partage.
- Mais il favorise aussi les interprétations rapides, surtout dans un contexte où la chasse suscite déjà de nombreuses discussions.
Les réseaux sociaux font immédiatement le rapprochement
- Les commentaires publiés sous la publication du journal illustrent parfaitement cet effet.
- Plusieurs internautes font référence à la chasse à courre.
- D’autres évoquent directement l’affaire Elisa Pilarski, morte en 2019 dans la forêt de Retz alors qu’elle promenait son chien Curtis.
- Une internaute explique que sa première pensée, en découvrant le titre, a été pour cette affaire.
- D’autres reprennent la même comparaison, parfois sans avoir lu l’article.
- Certains accusent directement les chasseurs, tandis que d’autres dénoncent les chiens de meute et réclament l’interdiction de la chasse à courre.
- Un commentaire appelle toutefois à la prudence : « On ne peut pas lire l’article, on ne sait pas comment cela est arrivé. » Son auteure rappelle que les chiens se trouvaient, selon les premiers éléments, dans une propriété située derrière un grillage.
- Elle demande également que la suite des faits soit précisée.
- Cette remarque est importante.
- Elle ne minimise en rien la gravité de l’attaque.
- Elle rappelle simplement qu’un titre ne suffit pas à établir un lien avec la chasse

© capture d'écran
Un choix de mots qui n’est pas neutre
- Le drame est réel et mérite d’être relaté.
- Mais le choix des mots n’est pas sans conséquence. « Un chien dévoré par une meute en forêt » est évidemment plus spectaculaire — et plus vendeur — que « un berger allemand attaqué par plusieurs bergers d’Anatolie échappés d’une propriété ».
- La première formulation évoque immédiatement une scène de chasse, avec des chiens lancés à la poursuite d’un animal dans les bois.
- La seconde décrit simplement, et beaucoup plus précisément, un accident impliquant des chiens présents dans une propriété privée.
- À quelques jours de l’ouverture de la chasse, cette association de termes favorise donc les amalgames. Les réactions publiées sous l’article montrent que certains internautes ont immédiatement pensé à la chasse à courre ou à l’affaire Elisa Pilarski, parfois sans même avoir lu le contenu. Cela ne retire rien à la gravité de la mort de Thao. Mais informer devrait aussi consister à distinguer les faits des interprétations. Entre « un berger allemand attaqué par plusieurs bergers d’Anatolie » et « un chien dévoré par une meute en forêt », le fait reste le même. Pourtant, la perception du lecteur change complètement.
Par : Isabelle Leca
Pour lechasseurfrancais.com
Olivier Bouygues : entre procès judiciaire et procès médiatique, attention à la caricature
Le procès d’Olivier Bouygues et de cinq autres prévenus s’est achevé mardi 8 septembre devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Le jugement sera rendu le 23 octobre. Cinq ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende ont été requis contre celui que les médias en grande majorité ont surnommé le milliardaire qui a en plus le mérite d’être chasseur. Mais derrière les chiffres spectaculaires, les mots chocs et les accusations de « méthodes barbares », il reste une question essentielle : où s’arrête le fait judiciaire et où commence la caricature médiatique ?
Un dossier sérieux, mais un dossier qui doit encore être jugé
- Il ne s’agit évidemment pas de minimiser les faits reprochés.
- L’enquête menée après un signalement à l’Office français de la biodiversité en mars 2025 a conduit à la découverte, sur le domaine de Fontenaille, d’armes, de nombreux pièges, de produits toxiques, de documents faisant état de destructions et de primes, ainsi que de restes d’animaux protégés.
- Les poursuites concernent notamment des destructions d’espèces protégées, la chasse en période prohibée, l’utilisation de moyens de chasse interdits et différentes infractions liées à un élevage de sangliers.
- Le parquet estime que ces éléments démontrent l’existence d’un système organisé, durable et rémunéré.
- La qualification de « bande organisée » est particulièrement lourde car elle porte le maximum encouru pour la destruction d’une espèce protégée de trois ans de prison et 150 000 euros d’amende à sept ans et 750 000 euros.
- Mais il y a une différence fondamentale entre ce que l’accusation reproche, ce que les parties civiles affirment et ce que la justice retiendra.
- Olivier Bouygues conteste toute implication personnelle.
- Son avocat a demandé la relaxe, soutenant que son client n’avait jamais ordonné à ses salariés d’éliminer des espèces protégées.
- Les autres prévenus ont également contesté la responsabilité directe du propriétaire et la qualification de bande organisée.
- Le tribunal devra donc dans son délibéré répondre à une question centrale : qui a fait quoi, qui savait quoi et qui a éventuellement donné les ordres ?
Dix-huit parties civiles : un chiffre qui interpelle
- Autre particularité de ce procès, c’est le nombre de parties civiles qui sont 18.
- Parmi les organisations citées figurent notamment la LPO France, la LPO Centre-Val de Loire, One Voice, France Nature Environnement, l’ASPAS, le Centre Athénas, le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, Loiret Nature Environnement et la Fondation 30 Millions d’Amis.
- Et puis il y a une partie civile qui détonne singulièrement au milieu de cette liste avec la Fédération départementale des chasseurs du Loiret.
- Sa démarche n’est certainement pas celle des autres associations qui réclament réparation d’un préjudice écologique et/ou moral et dont on se demande toujours quelle part ira vraiment à des opérations concrètes sur le terrain.
Par la voix de son avocat, la fédération a expliqué au tribunal que les faits reprochés porteraient atteinte aux valeurs cynégétiques et à la gestion durable de la nature, faisant plutôt référence à un préjudice d’image.
- Cette présence est essentielle.
- Elle rappelle que si les faits reprochés sont établis, ils ne sauraient être assimilés à la pratique ordinaire de la chasse.
- La Fédération des chasseurs du Loiret se retrouve ainsi assise au banc des parties civiles aux côtés de plusieurs associations de protection animale et de la nature.
- Un détail que certains commentateurs préféreront probablement oublier, mais les objectifs sont différents.
Par Arnaud Valmont
Pour chassons.com