ACTUALITÉS DU VENDREDI
Vendredi 11 septembre 2026
« Un massacre » , « un carnage » :
64 brebis tuées dans une attaque de loups dans le Vercors
Une attaque de loups a décimé un troupeau, pourtant protégé, dans le Vercors. Soixante-quatre brebis ont été retrouvées mortes et une vingtaine restent portées disparues.
- Dans le Vercors, une attaque de loups a provoqué la mort de 64 brebis et la disparition d’une vingtaine d’autres.
- Le troupeau comptait 580 animaux.
- Pour l’éleveur et les élus locaux, ce bilan constitue un record pour une attaque en plein air.
- Mais l’hypothèse selon laquelle des loups adultes auraient appris à chasser à de jeunes individus n’a pas été confirmée par l’OFB.
Un troupeau durement touché
- Le bilan est particulièrement lourd.
- Dans la nuit du 30 au 31 août, des loups ont attaqué un troupeau de 580 brebis installé en alpage, sur les hauteurs de Bouvante, dans la Drôme.
- Au total, 64 animaux ont été retrouvés morts.
- Une vingtaine d’autres sont toujours portées disparues.
- L’Office français de la biodiversité a confirmé que les bêtes avaient été tuées par le loup.
- L’éleveur, Sébastien Robert, a d’abord découvert une dizaine de brebis mortes.
- Deux jours plus tard, le bilan s’est considérablement alourdi.
- Les animaux ont été retrouvés dispersés sur le secteur, tandis que plusieurs bêtes manquaient encore à l’appel.
- Pour l’éleveur, cette attaque représente une perte considérable.
- Il élève des ovins depuis une quinzaine d’années et connaît déjà les difficultés liées à la prédation.
- Mais l’ampleur de cette attaque dépasse les précédentes.
- « Nous sommes en colère ! 64 brebis tuées, c’est du jamais vu ! », a-t-il déclaré.
« Un tel massacre en une seule fois »
- Le maire d’Oriol-en-Royans, commune où réside l’éleveur, a lui aussi dénoncé un bilan exceptionnel.
« Un tel massacre en une seule fois, c’est un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air », a affirmé Jean-Jacques Dallon.
- Avec plusieurs élus locaux et un représentant des Jeunes Agriculteurs, il s’est rendu auprès de Sébastien Robert pour lui apporter son soutien.
- Le maire a également rappelé la répétition des attaques dans le Vercors et les Baronnies.
- « Tous les trois jours, nous avons des attaques dans le Vercors et les Baronnies ! », a-t-il lancé.
- Les élus redoutent que cette succession d’attaques finisse par décourager les éleveurs.
- Ils soulignent aussi le rôle des troupeaux dans l’entretien des paysages de montagne et la limitation du risque d’incendie.

© Shutterstock
Des loups adultes qui apprennent à chasser aux jeunes : une hypothèse non confirmée par l’OFB
- Le maire a évoqué une possible explication au caractère particulièrement meurtrier de l’attaque.
- Selon lui, l’OFB aurait émis l’hypothèse de mâles apprenant à de jeunes loups à chasser.
- Les brebis tuées n’auraient pas été consommées, ce qui pourrait expliquer le nombre élevé de victimes.
- Cette hypothèse doit toutefois être considérée avec prudence.
- La direction de l’Office français de la biodiversité a confirmé qu’il s’agissait bien d’une attaque de loup, mais a précisé que rien ne permettait d’affirmer que des jeunes loups étaient présents.
- Il ne faut donc pas présenter ce scénario comme une conclusion établie.
Des moyens de protection déjà en place
- Dans un communiqué, la préfecture de la Drôme a précisé que l’exploitation avait mis en place plusieurs moyens de protection contre la prédation.
- Le troupeau bénéficiait notamment de chiens de protection et de filets électriques.
- Depuis la mi-août, l’éleveur disposait également de la possibilité d’effectuer des tirs de défense.
- La préfecture a annoncé qu’une indemnisation rapide des pertes subies serait mise en œuvre, tout en rappelant que la gravité de cette attaque relance la question de la protection des troupeaux.
- En France, les tirs de loups restent strictement encadrés.
- L’abattage est interdit en milieu naturel, sauf dans le cadre prévu pour la défense des troupeaux.
- Des tirs de prélèvement peuvent également être autorisés, indépendamment d’une attaque en cours, dans les limites fixées par la réglementation.
Pour les éleveurs du Vercors, le débat ne porte donc plus seulement sur le nombre de victimes. Il concerne aussi la possibilité de continuer à faire pâturer les troupeaux en montagne malgré la répétition des attaques. Des attaques qui durent depuis de trop nombreuses années.
Par Isabelle Leca
Pour lechaseurfrancais.com
Grand tétras cantabrique, le déclin semble s’enrayer, mais rien n’est gagné
Après des décennies de recul, le grand tétras cantabrique donne enfin quelques signes encourageants. En Espagne, les scientifiques et les gestionnaires disposent désormais de résultats de terrain qui permettent surtout de mieux comprendre les conditions nécessaires à son retour.
209 oiseaux : le premier signal positif depuis des décennies
- Le dernier recensement complet du grand tétras cantabrique reste celui réalisé en 2024.
- Il avait permis d’estimer la population à 209 individus, contre 191 en 2019, soit une progression de 8 %.
- Surtout, la proportion de femelles est passée de 31,5 % à 44 %, un élément particulièrement important pour une espèce dont la capacité de renouvellement dépend évidemment du nombre de femelles reproductrices.
- Les autorités espagnoles restent prudentes car logiquement deux recensements seulement ne permettent pas encore de parler de véritable reconquête.
- Mais le ministère espagnol estime avec une probabilité de 75 % que la population de 2024 était supérieure à celle de 2019.
- Et surtout, les suivis annuels de reproduction et de productivité vont dans le même sens.
- Entre 2018 et 2024, la moyenne atteignait 1,14 poussin par femelle suivie.
- Le prochain recensement complet est prévu en 2027.
- C’est lui qui permettra de vérifier si cette inflexion se confirme.
La prédation : un facteur que les Espagnols mesurent concrètement
- C’est probablement l’enseignement le plus intéressant pour une lecture cynégétique du dossier.
- Depuis 2018, 17 grands tétras morts ont été retrouvés.
- Treize étaient victimes de prédation, un d’une collision et trois de causes inconnues.
- Plus de 50 oiseaux ont par ailleurs été équipés d’émetteurs afin de mieux comprendre leur survie, leurs déplacements et leur utilisation de l’habitat.
- Les expérimentations menées sur le terrain ont également montré que la réduction de la pression exercée par certains mammifères prédateurs, notamment la martre, pouvait être associée à 0,5 poussin supplémentaire par femelle.
- Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que le renard ou la martre expliqueraient à eux seuls le déclin du grand tétras.
- Le dossier espagnol met en évidence un problème multifactoriel d’évolution des habitats, de changement climatique, de dérangement, d’infrastructures et de prédation qui se combinent.
- Mais l’intérêt de cette expérience est justement de ne pas traiter la prédation comme un sujet idéologique.
- Elle est mesurée, expérimentée et intégrée aux décisions de gestion.
76 jeunes en 2025… mais le retour dans la nature reste le véritable défi
- L’année 2025 a apporté une autre bonne nouvelle.
- Le centre de Valsemana, dans la province de León, a réussi à élever 76 jeunes grands tétras, un résultat qui montre que la reproduction en captivité est désormais parfaitement maîtrisée.
- Le centre dispose progressivement d’un noyau reproducteur destiné à produire des oiseaux pour renforcer les populations sauvages.
- Mais l’expérience suivante rappelle combien le chemin reste difficile.
- À l’automne 2025, 30 oiseaux élevés à Valsemana ont été relâchés dans l’Alto Sil, après des travaux d’amélioration de l’habitat et des actions de contrôle des prédateurs.
- Au printemps 2026, une seule femelle avait survécu plus de 200 jours.
- Douze oiseaux ont été attribués au renard, quatre à la martre et six à des rapaces.
- Ce résultat peut sembler catastrophique.
- Il constitue pourtant aussi une mine d’informations pour les gestionnaires.
- Les oiseaux élevés en captivité doivent notamment apprendre à éviter les prédateurs, à choisir des dortoirs suffisamment sécurisés et à exploiter correctement leur environnement.
- Autrement dit, produire des grands tétras n’est plus le principal obstacle.
- Leur apprendre à survivre dans la nature l’est devenu.
- L’expérience espagnole mérite donc d’être suivie avec attention.
- Elle montre qu’une politique de conservation efficace ne peut pas se limiter à protéger une espèce sur le papier.
- Elle doit connaître ses causes de mortalité, agir sur son habitat, mesurer les résultats et adapter les méthodes lorsque les expériences échouent.
- Avec environ 200 oiseaux seulement, le grand tétras cantabrique reste extrêmement vulnérable.
- Mais après quarante ans de déclin, voir la courbe s’infléchir, disposer de données scientifiques de plus en plus précises et réussir à produire plusieurs dizaines de jeunes chaque année constituent déjà des signes que la gestion active peut encore donner une chance à une population sauvage au bord de la disparition.
- Le rendez-vous de 2027 sera donc déterminant et permettra de savoir si le sursaut observé en 2024 était le début d’une véritable stabilisation ou seulement une pause dans un déclin qui reste, pour l’instant, loin d’être définitivement enrayé.
- On espère aussi d’ici là un bien meilleur taux de réussite sur les individus réintroduits…
Par Arnaud Valmont
Pour chassons.com
Oise - 60
Oise : des clôtures mises en protection des cultures vandalisées et un auteur déjà identifié