Mercredi 28 janvier 2026 Interdiction du plomb à la pêche
© Shutterstock - Source : lechasseurfrancais.comOn en parle peu mais l’interdiction du plomb à la pêche est aussi à l’ordre du jour de l’Europe, quels en seraient les impacts ?
- Depuis plusieurs années, la Commission européenne travaille sur un projet visant à interdire l’utilisation du plomb. On en parle beaucoup pour la chasse et le tir sportif.
- Mais la pêche est aussi dans le collimateur.L’utilisation du plomb à la pêche sur la sellette.
- Le GIFAP, Groupement de l’Industrie Française d’Articles de Pêche, évoque ce sujet sensible.
- Car en amont de la réunion des ministres européens consacrée à ce projet de réglementation, le GIFAP a répondu à plusieurs questions du ministère.
- À la suite de ces échanges avec la Commission européenne courant décembre 2025, plusieurs États membres ont exprimé leur opposition au projet.
- Dans les prochaines semaines, un nouvel avis des États membres sera sollicité.
- Et ce en vue d’un vote des ministres, puis des parlementaires européens.
"À ce stade, aucune position définitive n’est arrêtée" - GIFAP
- En cas d’adoption de cette interdiction, les pêcheurs — en mer comme en eau douce — ne pourront plus utiliser de plombs de moins de 50 grammes à partir de 2029. Puis de plus de 50 grammes à partir de 2031.
- Voilà les questions posées par le ministère de la Transition écologique au Gifap
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Connaissez-vous la valeur moyenne d’achats de plombs et/ou de leurres plombés par les pêcheurs français (loisir ou professionnels) ?
- À ce jour, il n’existe pas de statistique officielle indiquant une dépense moyenne annuelle par pêcheur spécifiquement pour les plombs ou les leurres plombés.
- Cependant, plusieurs éléments issus des données industrielles permettent d’établir des ordres de grandeur cohérents :
- La fonderie LEMER estime à environ 1 000 tonnes la quantité de plomb utilisée annuellement en France. Dans la filière pêche, quasi exclusivement pour la pêche de loisir.
- Rapporté à une population estimée à 3 millions de pêcheurs de loisir.
- Cela correspond à environ 0,3 kg de plomb par pêcheur et par an (moyenne théorique).
- Le coût de la matière brute est d’environ 2 000–2 500 €/tonne. Soit ≈ 2–2,5 €/kg. Mais les articles de pêche (lests, têtes plombées, plombs montés) se vendent largement au-delà de 10–20 €/kg équivalent.
- Ainsi, on peut estimer que la dépense moyenne par pêcheur en plombs/leurres plombés se situe autour d’une centaine d’euros par an. Avec une forte variabilité selon les techniques et l’intensité de pratique.
Si interdiction du plomb à la pêche : quel est le prix des alternatives
Coûts comparatifs (ordres de grandeur)
- Plomb : 2 à 2,5 €/kg matière.
- Tungstène : 45 à 90 €/kg en prix de gros. Au détail, un produit équivalent est 2 à 4 fois plus cher que son équivalent en plomb.
- Bismuth-étain : densité plus faible. Coût élevé, positionnement premium.
- Acier/laiton/zinc : coûts matière parfois proches du plomb. Mais densités plus faibles. Donc volumes plus importants. Hydrodynamique modifiée.
- Céramiques et polymères : encore plus coûteux, marchés de niche.
- Les estimations issues des travaux du GIFAP concluent que la substitution entraînerait une hausse des prix de l’ordre de ×4 à x10 sur la majorité des lests de pêche.
Conséquences directes :
- Impact financier immédiat pour les pêcheurs
- Risque de baisse du nombre de pratiquants
- Risque majeur d’importations massives de produits bon marché depuis des pays hors UE. Notamment d’Asie.
- Risque que de nombreux pêcheurs coulent eux-mêmes leurs plombs pour réduire les coûts. Créant un risque sanitaire avéré.
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Estimez-vous que ces alternatives peuvent correspondre à tous les usages des pêcheurs ?
- La réponse est clairement non. Selon la documentation fournie et les observations industrielles, plusieurs usages ne disposent d’aucune alternative viable :
- Plombs fendus (micro-plombs ≤ 3 mm) – pêche au coup
- Pêche fine en eau douce / montages techniques
- Pêche en mer profonde / lests lourds
Les industriels français sont-ils en mesure de procéder à une transition vers des matériaux alternatifs ?
- Oui, techniquement, les industriels peuvent travailler des matériaux alternatifs.
- Mais plusieurs limites majeures rendent la transition non réaliste à 100 %.
- Investissements lourds, viabilité économique incertaine, ou encore limite technique absolue pour certains produits.Conclusion : pour ou contre l’interdiction de plomb à la pêche ?
- La filière française de la pêche de loisir n’est pas favorable à la restriction proposée.
- Comme de nombreux autres pays européens.
- Et ce pour plusieurs raisons :
- Techniquement infaisable pour certaines pratiques essentielles
- Hausse des coûts considérable.
- Aucune justification en milieu maritime. Avec un risque environnemental nul et non justifiable.
- Certaines dispositions conduiraient à la disparition pure et simple de pans entiers de l’activité. Pourtant sans impact environnemental significatif.
Toutes les détails des réponses et argumentaires du GIFAP sont consultables à ce lien
Par Isabelle Leca
Pour lechasseurfrancais.com
À quand remonte la domestication du lapin ?
© Shutterstock - Source : lechasseurfrancais.comVif et bondissant, le lapin de garenne est à l'origine de son placide « cousin » des clapiers, mais à quand remonte la domestication de ce dernier ?
- La domestication du lapin est un long chemin d'apprivoisement et de sélection.
- Pouvant avoir débuté sous les yeux des artistes de la grotte de Lascaux.
- Chasseur-cueilleur à son origine, l'homme est devenu éleveur et agriculteur pour assurer sa subsistance.
- Si cette évolution dans ses rapports avec la nature n'est pas contestée, la manière dont les choses se sont passées fait en revanche débat.
- Alors, que sait-on du processus de domestication ?Des pistes archéo-génétiques pour chercher à quand remonte la domestication du lapin
- En prenant l'exemple du lapin en Europe, une étude* réalisée par des archéologues anglais dirigés par E. K. Irving-Pease, de l'université d'Oxford, présente plusieurs approches.
- La première est classique, il s'agit de rassembler les documents historiques qui mentionnent l'élevage de lapins et leur intérêt culinaire.
- La deuxième, archéologique. Recensant et analysant les ossements collectés dans la péninsule Ibérique et le sud-ouest de la France, foyer originel du lapin de garenne « moderne ».
- Ainsi que dans les régions européennes plus nordiques et orientales.
© Isabelle Leca
- La troisième, plus récente, s'appuie sur la génétique.
- Les premiers écrits mentionnant l'élevage du lapin remontent au Ier siècle av. J.-C.
- Alors élevés « en plein air » dans des leporaria, ancêtres des garennes médiévales.
- Vers l'an 600, un édit du pape Grégoire le Grand aurait encouragé les chrétiens à consommer des fœtus de lapin (les laurices) pendant le carême.
- Ceux-ci étant considérés comme aquatiques, car baignant dans le liquide amniotique.
- Une telle pratique nécessite, à l'évidence, d'avoir des lapins « sous la main ».
- Toutefois, n'ayant pas trouvé de preuves de la véracité de cette histoire, Irving-Pease et son équipe contestent cette information relayée à tort, selon eux, au fil des siècles.
- Pour les archéologues, il apparaît que la consommation du lapin remonte à environ 10 000 ans.
- Et son transport à travers l'Europe date du Moyen Âge.
- Leurs recherches révèlent aussi que les modifications de squelette liées à l'élevage n'apparaissent guère qu'au XVIIIe siècle.
- Enfin, les analyses génétiques suggèrent que la séparation entre les lapins sauvages et domestiques a débuté entre 12 000 et 17 000 ans avant notre ère !Trois approches et une datation de la domestication qui s'étale sur des milliers d'années. Comment s'y retrouver ?
- L'erreur de départ vient sans doute du sens que l'on donne à « domestication ».
- Pour les uns, il s'agit du premier cas d'élevage.
- Pour les autres, l'apparition de changements morphologiques.
- Pour d'autres encore, le transport d'animaux en dehors de leur aire d'origine.
- Mais dans le cas du lapin, rien ne prouve qu'il n'a pas étendu naturellement son territoire.Un processus multimillénaire
- Ces observations amènent les chercheurs à considérer la domestication comme une histoire de très longue haleine et non comme un événement ponctuel que l'on serait capable de dater avec une relative précision.
- Alors, oui, les lapins ont été chassés par nos ancêtres du paléolithique, transportés dans des îles méditerranéennes, élevés à ciel ouvert dans des garennes, forcés à se reproduire dans des cages…
- et, de nos jours, sont devenus des animaux de compagnie !
- Et c'est finalement l'ensemble de ce processus qui doit être appelé une domestication.
- Ce qui vaut pour les lapins, vaut aussi sans doute pour les chevaux, le bétail et, bien sûr, les chiens.
© Isabelle Leca( Si le lapin de garenne est à l'origine du jeannot des clapiers, le processus d'acclimatation s'est étalé sur des milliers d'années)À savoir
- Originaire d'Asie Les premiers lagomorphes, ordre de mammifères qui rassemble, notamment, les lapins et les lièvres, apparaissent en Asie il y a plus de 55 millions d'années.
- Après avoir colonisé ce continent, ils s'installent en Europe il y a une dizaine de millions d'années.
- Une période de glaciation les décime, à l'exception d'un noyau ibérique à l'origine de l'espèce actuelle.
- La garenne, une réserve à lapins Bien qu'animal sauvage, le lapin de garenne doit curieusement son appellation au dispositif d'élevage dénommé “garenne”, en vigueur au Moyen Âge.
- Dans ces zones en réserve, des aménagements (terriers artificiels, apport de nourriture) favorisaient le séjour des animaux.
- Ouvertes à leur origine, les garennes se sont peu à peu closes de murs, et l'élevage est devenu plus intensif.
- Source de conflits en raison des dégâts occasionnés par les animaux qui s'échappaient, le “droit de garenne ouverte” fut aboli le 4 août 1789.
Par Yves Ferrand
Pour lechasseurfrancais.com
Italie, une population de chamois aux cornes hors normes
Une silhouette hors norme, dans les Apennins centraux, là où les barres rocheuses calcaires dominent les hêtraies et les pelouses d’altitude, subsiste une sous-espèce de chamois à part, sauvée in extremis des montagnes d’Italie. Plus élancé, plus contrasté, et surtout doté de cornes étonnamment longues et expressives, le chamois des Apennins (Rupicapra pyrenaica ornata) est l’un des grands caprinés les plus singuliers d’Europe.
- Longtemps ignoré hors d’Italie, ce chamois endémique a pourtant frôlé l’extinction au début du XXe siècle.
- Il ne doit sa survie qu’à une décision visionnaire, avec la création, dès 1922, du Parc national des Abruzzes, soit plus de quarante ans avant les premiers parcs nationaux français.
- Une leçon d’histoire cynégétique et de gestion de la faune qui mérite aujourd’hui d’être racontée.
- En montagne, les véritables trophées sont souvent ceux que l’on contemple longtemps… sans jamais épaulerUn chamois pas comme les autres : morphologie et caractère des Apennins
- Classé comme sous-espèce du chamois pyrénéen (Rupicapra pyrenaica), le chamois des Apennins est parfois considéré par certains zoologues comme une espèce à part entière (Rupicapra ornata), tant ses particularités morphologiques et génétiques sont marquées.
- Sur le terrain, la différence saute aux yeux pour les spécialistes ou chasseurs passionnés.
- La silhouette est plus fine, plus “tendue”, presque féline dans ses déplacements.
- Le pelage présente des contrastes francs, avec des flancs clairs et un masque facial bien dessiné.
- Mais ce sont surtout les cornes qui interpellent le chasseur averti.
- Chez les mâles adultes, elles apparaissent plus longues, plus effilées et souvent parallèles que chez le chamois alpin.
- Leur courbure, moins ramassée, leur donne une allure presque démesurée par rapport à la taille générale de l’animal.
- À longue distance, surtout dans une lumière rasante, au détour d’une arrête rocheuse, ou dans la neige, ces cornes dessinent une signature visuelle unique, immédiatement reconnaissable pour qui connaît l’espèce.
- Il ne s’agit pas d’un record mesuré au millimètre, mais bien d’une impression de longueur et d’élégance, renforcée par la finesse du corps et la posture altière de l’animal sur les crêtes.
- Un chamois sculpté par l’Apennin, rude et minéral.1922 : quand l’Italie sauve son chamois
- Au début du XXe siècle, le chamois des Apennins est au bord du gouffre.
- La pression humaine, le braconnage, la fragmentation de son habitat, font qu’il ne subsiste alors que quelques dizaines d’individus, confinés dans un noyau montagneux des Abruzzes.
- La création du Parc national des Abruzzes en 1922 marque un tournant décisif.
- La protection stricte de l’espèce permet une lente remontée des effectifs.
- Contrairement à une idée reçue, ce succès ne repose pas uniquement sur l’interdiction, mais sur une gestion cohérente du territoire, limitant les dérangements et conservant les zones de quiétude indispensables à l’espèce.
- Aujourd’hui, la population totale est estimée à environ 1 500 individus, répartis principalement dans le parc historique et quelques zones de réintroduction comme la Maiella ou les Monts Sibyllins.
- Une réussite relative, car le chamois des Apennins reste vulnérable, par ses effectifs encore faibles, avec une diversité génétique limitée et une aire de répartition encore fragile.
- Pour le chasseur de montagne, cette histoire rappelle la vérité simple que sans vision à long terme, il n’y a ni abondance, ni avenir pour le gibier de montagne et spécifiquement le chamois dont les spécimens les plus remarquables dépassent souvent les quinze ans.Observer sans prélever : un chamois convoité par le regard
- Le chamois des Apennins n’est pas un gibier chassable au sens classique du terme.
- Il est strictement protégé.
- Pourtant, il reste profondément ancré dans la culture cynégétique italienne.
- L’observer demande les mêmes qualités que la chasse du chamois alpin, la lecture du terrain et le pied montagnard, la patience, le sens du vent, la connaissance des habitudes.
- Les mâles se tiennent souvent sur des zones escarpées, peu accessibles, où la longue-vue devient alors l’arme principale.
- Pour un chasseur de chamois, cette rencontre a quelque chose de particulier.
- On retrouve les codes, les réflexes, l’adrénaline de l’approche… sans la finalité du tir qui seulement parfois ponctue l’action de chasse et laisse augurer une descente difficile et éprouvante, où il faudra redescendre l’animal à dos d’homme.
- Une forme de retour à l’essence même de la chasse de montagne, comprendre l’animal, le paysage, et accepter parfois de repartir sans autre trophée qu’une image gravée dans la mémoire, dans un boîtier photographique ou sur un téléphone portable connecté avec une logue vue.Un symbole montagnard à respecter
- Le chamois des Apennins n’est pas qu’une curiosité zoologique.
- Il est le symbole d’un équilibre fragile, d’une montagne encore capable d’abriter des animaux d’exception, à condition de leur laisser de l’espace et du temps.
- Ses cornes longues et élégantes racontent une autre histoire que celle du tableau de chasse, celle d’un animal sauvé par un sursaut de lucidité des hommes, et aujourd’hui observé avec le respect qu’il mérite.
- Pour le chasseur de montagne, le chamois des Apennins n’est pas un regret de tir.
- C’est une leçon. Une leçon de gestion, de patience, et de fidélité aux hauts lieux.
Par Arnaud Valmont
Pour chassons.com
CHASSE SANGLIER :
Ouverture 2025/2026 1ère vidéo avec la Shotkam
Ouverture 2025/2026 résumé de 4 battues à VallérarguesSource : youtube.com











