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Mercredi 18 mars 2026 Les expressions populaires avec des animaux qui parlent aux chasseurs ... et aux pêcheurs
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Les expressions populaires font partie de notre quotidien et parfois nous les utilisons par automatisme, mais les connaissez vous toutes ?
- « chaud lapin », « froid de canard », « muet comme une carpe » ... notre langue regorge d’expressions populaires qui puisent dans l’univers du gibier et du poisson. En connaissez-vous toujours bien l’origine et le sens ?
Les expression populaires avec des animaaux : le gibier à poils ...
Poser un lapin : Ne pas venir à un rendez-vous. Expression de la fin du XIXe siècle dont la genèse reste mystérieuse pour tous les lettrés. On sait seulement qu’avant son sens moderne, cette formule signifiait ne pas rétribuer les faveurs d’une fille, partir sans payer. Le lapin est un animal instable et bondissant...
Être un chaud lapin : Avoir de gros besoins sexuels (pour un homme), être coureur de jupons. Cette expression paraît dériver d’une tournure plus ancienne : être chaud de la pointe (pénis). On disait aussi « chaud de la pince ». Au XIX° siècle, un lapin désignait un rude gaillard.
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Un fin limier : Personne qui sait rechercher l’information. Dans la chasse à courre, le limier (de liem, lien) est un chien tenu en longe qui sait remonter discrètement la piste odorante de l’animal recherché.
Lever un lièvre : Mettre au jour quelque chose bien caché, consituant une difficulté. Allusion au lièvre qui se gîte au sol, déguerpit sous les pas du chasseur et est difficile à stopper dans sa course.
... et celles avec le gibier à plumes
Un froid de canard : Un froid glacial. L’allusion aux canards peut donner lieu à deux interprétations : en hiver, les canards, vaille que vaille, conti- nuent de nager sans grelotter ; et les chasseurs savent bien que la chute des températures fait arriver chez nous des canards nordistes forcés à l’exil à cause du gel.
Bayer aux corneilles : Être désoeuvré, s’ennuyer. Bayer (et non bâiller) signifie garder la bouche ouverte. Pour certains linguistes, l’allusion aux corneilles viendrait du fait que les chasseurs trouvaient ce gibier si insignifiant qu’ils estimaient perdre leur temps avec lui.
De la roupie de sansonnet : Ce qui ne vaut rien. À l’origine, la roupie est la « chandelle » qui pend d’une narine ! Ce liquide n’a évidemment aucune valeur. Mais pourquoi l’associer au sansonnet (l’étourneau) ? Peut-être un jeu de mots déguisé ? De la roupie de « sens-son-nez »...
C’est un faisan : L’expression vieillie “faiseur” désigne un escroc, un individu malhonnête se livrant à des affaires louches. Le glissement vers le vocable “faisan” s’est fait vers le milieu du XIXe siècle. Peut-être par allusion à la viande faisandée, autrement dit corrompue au sens figuré du terme. Au final, cela disqualifie fort injustement un très beau gibier !
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Elle est un peu bécasse. Quelle bécassine !
- Ces deux limicoles, qui font le bonheur des chasseurs, sont injustement maltraités par la langue française. Au début du xixe siècle, le Dictionnaire de l’Académie française fait déjà de la bécasse une femme sans esprit, sans argumenter sur ce point. On peut néanmoins supposer qu’un oiseau qui attend de décoller du sol sous les pas du marcheur en forêt a forgé cette réputation d’écervelée. La jeune fille qui se fait traiter de bécassine hérite des traits de caractère (brave mais étourdie et naïve) du personnage de Bécassine, une domestique bretonne créée par le dessinateur de bandes dessinées E. Pinchon, en 1905.
Les expressions populaires spéciales pour les pêcheurs
Il y a anguille sous roche : Se méfier de quelque chose caché, potentiellement louche ou dangereux. L’expression remonte sans doute au Moyen Âge. Mais une phrase du poète latin Virgile Latet anguis in herba (un serpent se cache dans l’herbe) constitue probablement la version initiale de la formule « moderne » (à noter le rapprochement linguistique entre le serpent et le poisson serpentiforme). Si l’anguille a été choisie, c’est aussi que le verbe guiller signifiait tromper par la ruse en ancien français.
Noyer le poisson : Embrouiller quelqu’un, le déstabiliser. Cette expression dérive de la technique de pêche consistant à affaiblir un poisson au bout d’une ligne, en lui maintenant alternativement la tête dans l’eau et hors de l’eau pour le ramener à soi.

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Être muet comme une carpe : Rester silencieux. La carpe, dans les eaux mal oxygénées en été, sort régulièrement la tête pour prélever de l’air à la surface en ouvrant et refermant la bouche sans bruit.
Faire des yeux de merlan frit : Avoir un regard ridicule ou niais. Quand on met un poisson à cuire, ses yeux deviennent globuleux et mats. Au XVIIIe siècle, on disait des couples amoureux qu’ils avaient “des yeux de carpe frite” (pour signifier que l’amour rend aveugle ?). Quand la carpe quitta nos tables, c’est étrangement le merlan qui la remplaça, à la fin du XIXe siècle.
Les expressions populaires et les autres animaux
Sauter du coq à l’âne : Passer d’un sujet à un autre dans une discussion. Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, le mot ane désigne la cane (femelle du canard). L’expression moderne semble venir d’une formulation ancienne qui parlait de la saillie d’un coq avec une cane, un accouplement stupide voué à l’échec. L’accent circonflexe sur le “a” d’âne ajouté tardivement, changeant totalement le sens du mot... et de la formule.
Fier comme un pou : Fier sans raison. Au Moyen Âge, dans cette expression, il était en réalité question de poul, mâle de la poule. Fier comme un coq est parfaitement adapté : n’est-il pas le seul animal de la basse-cour heureux de chanter sur un tas de fumier ?
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Avoir des yeux de lynx : Être doté d’une excellente vision. Le félin voit surtout les détails dans l’obscurité. Une autre explication pourrait venir du personnage mythologique de Lyncée. Un des Argonautes embarqués à la recherche de la Toison d’or. Le roi Lyncée avait la faculté de voir à travers les nuages, la mer, les obstacles.
Ne pas attacher son chien avec des saucisses : Être radin. Si on attache un chien avec des saucisses, il est prévisible qu’il les mangera et qu’il faudra remplacer les saucisses à chaque fois. Ce qu’une personne trop près de ses sous n’est pas disposée à faire.
Avaler des couleuvres : Subir un affront sans pouvoir protester. À une époque où la consommation des anguilles était courante, cette expression serait apparue en faisant intervenir le serpent. Considéré comme répugnant, par opposition au goûteux poisson serpentiforme. –
Être cocu : Qui se souvient que le cocu (celui qui est trompé dans une relation amoureuse) se voit comparé au coucou ? L’explication est simple... quand on la connaît : depuis le XVe siècle au moins, la femelle de cet oiseau passe pour volage !

© Isabelle Leca
Une incertitude linguistique
Peigner la girafe : travailler inutilement. L’origine de cette formulation reste mystérieuse. Pourquoi “la” et pas “une” girafe ? Probablement en référence à l’animal donné au roi Charles X par le pacha d’Égypte. Arrivée au port de Marseille à l’automne 1826, cette girafe voyagea à pied jusqu’à la capitale pendant un mois et demi. Les foules se massèrent sur le trajet. La plupart des auberges où la caravane s’était arrêtée pendant la montée sur Paris prirent l’enseigne “À la girafe”. Elle passa dix-huit ans à la ménagerie du Jardin des Plantes, déplaçant des hordes de curieux (600 000 visiteurs au cours du seul été 1827 !). L’arrivée récente de pandas dans un zoo du Val de Loire n’a pas réussi à pulvériser ce record d’affluence...
Par Yves Thonnérieux
Pour le chasseurfrancais.com
Après les palombières, les tonnes du lac de Lacanau touchées par les tempêtes hivernales
Cet hiver aura laissé des traces dans de nombreux territoires de chasse du Sud-Ouest. Après les dégâts constatés sur de nombreuses palombières dans les forêts du Sud-Ouest, ce sont désormais d’autres installations traditionnelles qui révèlent les conséquences des tempêtes et des intempéries de ces derniers mois. Sur le lac de Lacanau, en Gironde, les chasseurs à la tonne viennent en effet de dresser un premier bilan après la tempête Nils et les fortes pluies de février comme le montre le journal Sud-Ouest. La montée des eaux, associée au vent et à la houle, a fragilisé plusieurs cabanes installées sur les rives et les petits îlots du lac. Un patrimoine discret mais emblématique de la chasse au gibier d’eau qui devra être réparé avant la prochaine saison.
Un patrimoine discret du lac de Lacanau
- Sur les rives du lac de Lacanau, vaste étendue d’eau douce de près de 2 000 hectares, on aperçoit parfois de petites cabanes de bois presque invisibles dans les roseaux ou la végétation.
- Ces installations, appelées “tonnes”, sont utilisées pour la chasse au gibier d’eau.
- Il en existe un peu plus d’une trentaine sur le lac, principalement sur la rive est où les fonds sont moins profonds et les pentes plus douces.
- Certaines sont installées directement sur la berge, d’autres sur de petits îlots naturels appelés localement “poujos”, que les chasseurs entretiennent pour éviter qu’ils ne disparaissent sous l’effet de l’érosion.
- Toutes ces installations sont implantées sur le domaine public communal et fonctionnent grâce à des autorisations délivrées par la municipalité et une convention avec l’Association communale de chasse agréée (ACCA).
Les tempêtes hivernales ont malmené plusieurs tonnes
- Après le passage de la tempête Nils et les épisodes pluvieux de février, les chasseurs ont entrepris un tour du lac pour vérifier l’état des installations.
- Accompagnés de la police municipale du lac, les responsables de l’ACCA ont pu constater plusieurs dégâts.
- Certaines tonnes ont été envahies par l’eau, d’autres ont été fragilisées par les vents et la houle, et quelques cabanes présentent des affaissements ou des structures endommagées.
- La montée du niveau du lac, rarement observée à ce point ces dernières années, a particulièrement touché les installations situées au ras de l’eau ou sur les petits îlots sableux.
Réparer avant l’ouverture de la chasse au gibier d’eau
- Pour les chasseurs de Lacanau, l’heure est désormais à l’évaluation et à la remise en état.
- La saison de chasse au gibier d’eau ne débutera qu’au mois d’août, mais plusieurs mois de travaux seront probablement nécessaires pour consolider certaines installations.
- Au-delà de leur fonction cynégétique, ces tonnes font partie de l’identité traditionnelle des zones humides du Médoc.
- Leur entretien repose souvent sur l’investissement personnel des chasseurs, attachés à préserver ces cabanes qui jalonnent les rives du lac depuis des générations.
- Après les palombières touchées dans les forêts, l’hiver rappelle ainsi une nouvelle fois combien les installations de chasse traditionnelles restent exposées aux caprices de la météo.
Crédit photo Julien Lestage
Par Arnaud Valmont
Pour chassons.com
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