
Dans les Pyrénées-Orientales, un simple arrêté autorisant l’abattage expérimental de 35 grands cormorans sur plusieurs années a suffi à déclencher un nouveau recours d’associations écologistes. Le préfet souhaitait pourtant encadrer une étude scientifique sur le contenu stomacal de ces oiseaux afin d’évaluer leur impact sur les milieux aquatiques et certaines populations de poissons. Une décision déjà perçue par beaucoup d’acteurs du terrain comme particulièrement prudente, voire timorée. Mais pour certains mouvements militants, même cette mesure minimale serait encore excessive. Le paradoxe est saisissant. Alors que de nombreux pêcheurs, gestionnaires d’étangs, pisciculteurs ou observateurs de terrain alertent depuis des années sur la pression exercée par le grand cormoran sur les poissons, il faudrait désormais trois années d’analyses scientifiques pour confirmer ce que chacun constate quotidiennement au bord de l’eau. Et même cela semble encore inacceptable pour certaines associations.
- Personne ne conteste aujourd’hui l’explosion des populations de grands cormorans sur de nombreux secteurs français.
- Protégé depuis des décennies, l’oiseau a largement colonisé des territoires où il n’était autrefois que marginal ou saisonnier.
- Étangs, lacs, rivières à truites ou zones de pisciculture subissent désormais une pression permanente.
- Dans certains plans d’eau, les pêcheurs observent des baisses spectaculaires des populations de poissons blancs ou de salmonidés.
- Les pisciculteurs dénoncent des prélèvements massifs.
- Quant aux fédérations de pêche, elles multiplient depuis longtemps les alertes sur les conséquences écologiques et économiques de cette prédation devenue structurelle.
- Pourtant, dès qu’il s’agit d’envisager une régulation, même limitée, le débat semble sortir du champ de la gestion raisonnée pour entrer dans celui du dogme idéologique.
- Comme si reconnaître l’impact du cormoran revenait automatiquement à remettre en cause le principe même de protection de la biodiversité.
- Le recours déposé contre l’arrêté préfectoral illustre une nouvelle fois une stratégie désormais bien connue de harcèlement juridique systématique.
- Chaque arrêté, chaque dérogation, chaque mesure de gestion devient prétexte à un contentieux, même lorsque les prélèvements envisagés restent symboliques au regard des effectifs concernés et de la réalité du terrain.
- Car il faut rappeler une chose essentielle, 35 oiseaux sur plusieurs années représentent une quantité dérisoire comparée aux dégâts constatés sur les milieux aquatiques.
- On parle ici d’une étude scientifique encadrée, pas d’une campagne d’éradication.
- Mais derrière cette opposition de principe apparaît surtout une logique inquiétante car certains mouvements écologistes semblent désormais s’arroger le droit de hiérarchiser eux-mêmes les formes de prédation jugées acceptables ou non.
- La prédation naturelle exercée par le cormoran deviendrait intouchable, même lorsqu’elle fragilise des écosystèmes déjà sous pression, tandis que toute intervention humaine serait immédiatement diabolisée.
- C’est probablement la contradiction la plus frappante de ce dossier.
- Car pendant que l’on mobilise tribunaux et procédures pour empêcher la régulation de quelques dizaines de cormorans, les milieux aquatiques français continuent de se dégrader à grande vitesse et de souffrir.
- Artificialisation des cours d’eau, sécheresses, pollutions, disparition des zones humides, réchauffement climatique, les poissons sauvages subissent aujourd’hui des pressions multiples.
- Dans ce contexte, nier totalement l’impact supplémentaire d’une prédation devenue localement massive relève davantage de l’idéologie que de l’écologie scientifique.
- La véritable question n’est donc pas de savoir si le grand cormoran doit être exterminé.
- Personne ne le demande sérieusement.
- La question est de savoir si la gestion de la faune sauvage doit encore pouvoir s’appuyer sur l’observation du terrain, l’expérience des pêcheurs, des chasseurs et des gestionnaires de milieux, ou si toute régulation devra désormais être bloquée par principe au nom d’une vision radicalisée de la nature.
- À force de refuser toute adaptation pragmatique, certains écologistes finissent paradoxalement par tourner le dos à ce qu’ils prétendent défendre : l’équilibre même des milieux naturels.
Par Arnaud Valmont
Pour chassons.com
En Bretagne, les associations animalistes relancent la bataille judiciaire contre les tirs de choucas

Source : chassepassion.net
Trois associations environnementales ont saisi en urgence le tribunal administratif de Rennes le 27 mai 2026 pour faire suspendre les arrêtés préfectoraux autorisant la destruction de 7 300 choucas des tours dans les quatre départements bretons. La décision est attendue dans les huit à dix jours.
- Les années passent et les situations se répètent car comme en mai 2025, Bretagne Vivante-SEPNB, One Voice et la Ligue de Protection des Oiseaux ont déposé un référé pour bloquer les tirs de choucas des tours autorisés par les préfets d’Ille-et-Vilaine, du Finistère, du Morbihan et des Côtes-d’Armor.
- L’an dernier, trois des quatre arrêtés similaires avaient été suspendus. Seul celui d’Ille-et-Vilaine avait résisté.Cette fois, les associations soulèvent le même argument devant la juge des référés : rien n’aurait fondamentalement changé depuis 2025, et l’étude de référence citée dans les dossiers date de 2022.
- Selon leur avocat, des solutions alternatives cumulées seraient aussi efficaces que les tirs, et les arrêtés refléteraient davantage la pression du monde agricole que la rigueur scientifique.
- De l’autre côté, les chambres d’agriculture et les préfectures ont insisté sur la détresse concrète des exploitants.
- Un élu de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor a rappelé que les tirs produisent un effet dissuasif visible sur les parcelles traitées, et qu’aucune étude ne démontre que la population de choucas serait globalement menacée.
- Les chiffres avancés par les associations donnent pourtant le vertige : 65,5 % des choucas des Côtes-d’Armor auraient été tués en quatre ans.
- Ce département concentre d’ailleurs l’essentiel du quota 2026, avec 5 000 oiseaux sur les 7 300 au total.
- La juge des référés tranchera dans les prochains jours et les préfets bretons auront alors leur réponse comme l’an dernier, et probablement qu’il faudra de nouveau reprendre rendez-vous l’an prochain.
Pour chassepassion.net