Le « risque sandwich » est aujourd'hui la principale menace d'introduction de la peste porcine africaine en France. Le ministère rappelle que quelques gestes simples peuvent empêcher l'arrivée du virus.
- La peste porcine africaine (PPA) continue de progresser en Europe.
- Pourtant, chacun peut contribuer à empêcher son arrivée.
- Le ministère de l’Agriculture alerte notamment sur le « risque sandwich », aujourd’hui considéré comme la principale voie d’introduction du virus dans notre pays.
« La peste porcine africaine n’est pas une fatalité. Il est possible de prévenir l’introduction de la maladie en France grâce à quelques règles très simples. »
- C’est le premier message que souhaite faire passer le ministère de l’Agriculture.
- La France est toujours indemne de PPA, aussi bien chez les sangliers sauvages que dans les élevages porcins.
Mais cette situation reste fragile et la France est sous la menace constante d’une introduction sur son territoire depuis un pays contaminé.
- Face à un virus qui progresse en Europe, chacun peut et doit contribuer à préserver ce statut.
Peste porcine africaine : une menace constante qui entoure la France
- La peste porcine africaine circule désormais dans 18 pays de l’Union européenne.
- Cinq sont touchés uniquement chez les sangliers sauvages.
- Treize enregistrent des cas à la fois dans la faune sauvage et dans les élevages de porcs.
- Aucun État membre n’est confronté à des foyers limités aux seuls porcs domestiques.
- L’Italie reste aujourd’hui le principal sujet d’inquiétude du fait de la courte distance entre notre frontière et les cas de sangliers italiens infectés les plus proches.
- Dans le nord du pays, 130 sangliers infectés découverts ces dernières semaines.
- Le foyer le plus proche se situe désormais à 47 kilomètres de la frontière française.
- En Allemagne, la maladie continue également de circuler.
- Depuis le 1er juillet 2025, 913 cas ont été confirmés chez les sangliers sauvages, dont huit nouvelles déclarations cette semaine en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (vers la Pologne).
- Les foyers détectés dans les élevages en 2024 restent, eux, sous contrôle.
- Le dernier, découvert le 14 août 2024, concernait un élevage de trois suidés situés à 60 kilomètres de la frontière française.
- Cette situation illustre une tendance observée partout en Europe : pour un foyer recensé en élevage, on compte environ dix cas chez les sangliers sauvages, qui constituent le principal réservoir du virus.

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Mais cette voie de contamination n’est pas la plus préoccupante.
Le « risque sandwich », le véritable cheval de Troie pour la Peste Porcine Africaine
- Le principal danger est aujourd’hui lié aux activités humaines.
- Les spécialistes parlent du « risque sandwich » pour qualifier la menace d’une introduction de la maladie sur notre territoire par un « saut » à grande distance du virus à cause du transport de denrées à base de porcs ou de sangliers infectés depuis un pays contaminé.
- Ce risque « sandwich » peut frapper notre territoire n’importe où, n’importe quand et n’importe quel éleveur de porcs ou de sangliers.
- Le scénario catastrophe est simple.
- Une personne rapporte d’un pays contaminé du jambon, du saucisson ou tout autre produit à base de porc ou de sanglier infecté (il ne faut pas oublier aussi ceux qui commandent des produits par colis postal …. ).
- Si des restes sont ensuite abandonnés dans la nature, un sanglier peut les consommer et être contaminé puis contaminer ses congénères, voire d’autres compagnies de sangliers ou des élevages de porcs (plein air en particulier).
- Le virus de la PPA résiste très longtemps dans les denrées et dans l’environnement.
Tout le monde est, sans le savoir, concerné.
- Un vacancier qui rapporte une spécialité locale.
- Un travailleur saisonnier expatrié.
Un chauffeur routier international.
- Un randonneur.
- Un chasseur revenant d’un séjour à l’étranger avec un trophée, des bottes, du matériel ou un véhicule souillé. - Même un colis postal contenant des produits carnés contaminés représente un risque.
- Le ministère insiste : « ce risque, c’est vous, c’est moi, c’est chacun d’entre nous ».
- L’exemple de la Suède illustre parfaitement cette menace.
- En 2023, plusieurs sangliers morts sont découverts près d’une décharge à ciel ouvert.
- Les analyses révèlent la présence du virus.
- Les investigations montreront que l’hypothèse la plus probable d’introduction dans ce pays jusque-là indemne est qu’un aliment contaminé originaire d’un pays infecté avait été jeté avec les déchets ménagers dans cette décharge non clôturée avant d’être consommé par des sangliers.

- Le conseil est donc simple.
Ne rapportez pas de denrées provenant de zones infectées.
-Si vous en ramenez, consommez-les totalement.
- Si vous en consommez, ne jetez jamais les restes dans la nature.
- Déposez-les dans une poubelle fermée, inaccessible aux sangliers.
- Quelques gestes simples de précaution suffisent à éviter l’introduction du virus.
Détecter vite pour éviter une crise durable
- Une fois installée chez les sangliers, la peste porcine africaine devient très difficile à éradiquer.
- Les conséquences sont d’abord sanitaires.
- Elles concernent aussi le bien-être animal car un animal malade est un animal qui souffre.
- Elles sont aussi économiques.
- Si le virus atteint les élevages, des embargos commerciaux seront décidés et pénaliseront toute la filière porcine française.
- Pourtant, plusieurs pays ont démontré qu’il était possible d’en venir à bout.
- La Wallonie, en Belgique, y est parvenue après les foyers de 2018-2019.
- La République tchèque et la Suède ont également réussi à éradiquer la maladie.
Leur point commun ? Une détection très précoce.
- C’est le second message que souhaite faire passer le ministère de l’Agriculture
- « La peste porcine africaine n’est pas une fatalité. Les pays qui ont réussi à l’éradiquer montrent qu’une détection précoce des premiers cadavres de sangliers infectés permet de limiter la diffusion de la PPA et de lutter plus efficacement pour éradiquer la maladie »
- Le ministère compare cette stratégie à un incendie.
- Un mégot s’éteint avec un verre d’eau.
- Un feu de broussailles nécessite une lance à incendie.
- Un feu de forêt mobilise des Canadair.
- Pour la peste porcine africaine, c’est la même logique.
- Plus le virus est détecté tôt, plus il est facile de le contenir.
- C’est pourquoi aussi que tout cadavre de sanglier découvert dans la nature doit être signalé au réseau SAGIR (FDC/OFB).

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Une campagne de prévention pour tous les publics
- Le ministère de l’Agriculture multiplie les actions de prévention.
- Diffusant et distribuant via des flyers, des messages spécifiques aux publics concernés
- Des campagnes de communication ciblent les touristes étrangers, les randonneurs, les chasseurs.
- D’autres s’adressent aux travailleurs saisonniers expatriés, avec des messages traduits en plusieurs langues. - Mais aussi les transporteurs internationaux.
- Le principal conseil : jeter les restes d’aliments à base de porc dans des poubelles fermées et prévues à cet effet.
- L’objectif est d’éviter le transport de produits alimentaires susceptibles de contenir le virus.
- Les éleveurs font également l’objet d’actions spécifiques de sensibilisation.
- Enfin, la France travaille étroitement avec ses homologues italiens, allemands et espagnols afin de coordonner la surveillance aux frontières et la coopération transfrontalière.
Le message est clair :
Pour que la France reste indemne de peste porcine africaine, il suffit de ne pas ramener le virus de la PPA en France avec des aliments infectés qui seraient jetés ensuite dans la nature. Et, pour y parvenir, chacun a un rôle à jouer.
Par Isabelle LECAPour lechasseurfrancais.com








